ï»żWiki Genshin Impact guide complet, astuces, soluce, tier-list. News astuce. Genshin Impact, tous nos guides et ressources pour dĂ©buter. News astuce. Genshin Impact, pity, vƓux : Javoue ne pas savoir se qu'est cette petite lumiĂšre qui sors du sol ! Le23 aoĂ»t 2022 Ă  09:40:57 :Le 23 aoĂ»t 2022 Ă  09 - page 5 - Topic Pourquoi Dieu a dotĂ© les animaux de la capacitĂ© Ă  ressentir la DOULEUR? du 23 VoushĂ©sitez Ă  acheter les deux parties de la toile sauvage auprĂšs de Rounard sur Animal Crossing New Horizons ? Voici un guide pour Impressionsur Toile 5 Partie intissee XXL Loup animal sauvage 100x55cm ImprimĂ©e Tableau Moderne DĂ©co d'art - Impression De Photos sur Toile Mur Art - impression sur murale Moderne Art Toile Peinture : Amazon.fr: Cuisine et Maison Vouspouvez rechercher Animal Crossing New Horizons n'importe quel item! Pas Ă  vendre. partie g. de toile sauvage wild painting left half. Blanc Prix de vente: 828 Prix d'achat: Pas Ă  vendre Tableaux/Sculptures🎹. acquisition: Creuser avec une pelle Toilesauvage (gauche) Animal Crossing, vrai ou faux chez Rounard ? Rounard fait partie des personnages connus d'Animal Crossing, permettant d'obtenir des oeuvres d'art pour le MusĂ©e ! Comment savoir si la toile sauvage (gauche) est vraie ou fausse ? Si vous jouez Ă  Animal Crossing : New Horizons, vous ferez rapidement LaNuit Ă©toilĂ©e (en nĂ©erlandais De sterrennacht) est une peinture de l'artiste peintre postimpressionniste nĂ©erlandais Vincent van Gogh.Le tableau reprĂ©sente ce que Van Gogh pouvait voir et extrapoler de la chambre qu'il occupait dans l'asile du monastĂšre Saint-Paul-de-Mausole Ă  Saint-RĂ©my-de-Provence en mai 1889.Souvent prĂ©sentĂ© comme son grand Ɠuvre, le VENDREDI13 PARTIE III : 3D. AprĂšs que son masque de sac ait fait des comparaisons avec L'homme Ă©lĂ©phant, Jason a un masque de hockey des Red Wings modifiĂ© pour les annĂ©es 1982 Vendredi 13 Partie III : 3D. un voyou dans un nouvel espoir. Le nouveau masque de Jason reflĂ©tait la force impassible de la nature qu'est Jason Voorhees. AprĂšs Lesplus beaux paysages d'Afrique sur les tableaux ethniques bimago pour la dĂ©coration de votre maison - dĂ©couvrez nos peintures africaines contemporaines et des tableaux africains sur toile dans le style ethnique dans notre galerie en ligne intĂ©rieurs inspirants promotions en cours livraison gratuite dĂšs 160€ d'achat programme de fidĂ©litĂ© Menu . Tableaux . Tableaux . Peinture uzDC. +25Topsy TurvyPabanalStegosBasiliceConfiteorespĂ©ranceLilik-RoseBelenaAnCatDubhsiamois93ortolanQu'ouĂŻĂ«-jeNightulJosefineSeheyahChunaPtĂ©rodactyleZarbitudeFliflaSamediJĂ©rĂ©my34SØnDayTokamakPieyreConnaissance29 participants Re Nos amis les bĂȘtesCeci dit, des fois, on voit des prĂ©dateurs recueillir des bĂ©bĂ©s proies, l'instinct foire, c'est le maternel qui se met en ça m'attendrit pas, je sais que ça se finit toujours mal...ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014 Re Nos amis les bĂȘtes par siamois93 Dim 20 Mai 2018 - 1235C'EST les hormones, les odeurs, Ă©ventuellement les pleurs qui transforment les animaux. Ainsi ces trois lions qui ont secouru une gamine qui fuyait devant un groupe d'hommes. Ils ont fait fuir ses agresseurs et l'ont surveillĂ©e jjusqu'Ă  l'arrivĂ©e des pic d'hormones lors de la mise bas a incitĂ© une chatte Ă  adopter des poussins qui venaient d'Ă©lore. C'est arrivĂ© en cet Ă©trange pays d'Irlande Re Nos amis les bĂȘtes par InvitĂ© Jeu 21 Juin 2018 - 027Pour les amoureux des chats, un trĂšs beau film/documentaire que je viens de dĂ©couvrir. Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Jeu 21 Juin 2018 - 2232Science Tips a Ă©crit2016, cap York Australie. Assis au pied d’un arbre, Robert Heinsohn bat la mesure. Face Ă  lui, un musicien tout de noir vĂȘtu, maquillĂ© de rouge et crĂȘte fiĂšrement dressĂ©e, fait danser la forĂȘt au doux son des percussions. Le biologiste a bien de la chance, il a le droit Ă  un concert privé Mais quelle est donc cette rock-star qui se produit dans une forĂȘt perdue au nord de l’Australie ?Eh bien, il s’agit
 d’un oiseau ! Un mĂąle cacatoĂšs noir Probosciger aterrimus, pour ĂȘtre cacatoĂšs noir est un perroquet, l’un des plus grands reprĂ©sentants de son espĂšce, puisqu’un mĂąle adulte peut faire jusqu’à 70 il s’agit surtout du seul animal au monde, en dehors de l’homme, capable de faire de la musique en fabriquant lui-mĂȘme ses propres instruments !En guise de baguette de batterie, il utilise de petites branches qu’il effeuille avec soin, ou des coques de graines qu’il casse Ă  l’aide de son l'instrument fermement maintenu entre ses pattes ou dans son bec, le cacatoĂšs entonne gaiement sa partition, frappant troncs ou branches d’arbres creuses. La musique ainsi produite peut s’entendre Ă  une petite centaine de mĂštres Ă  la moins que l’on puisse dire, c’est que le cacatoĂšs noir a le rythme dans les chaque individu a son propre style certains entonnent des rythmes lents et constants, tandis que d’autres prĂ©fĂšrent un style plus rapide, ajoutant des variations de-ci de-là
 Autant dire qu’il y en a pour tous les c’est tant mieux, car ces rockeurs ont leur public les femelles cacatoĂšs. Elles semblent particuliĂšrement apprĂ©cier ces percussions rythmĂ©es. Les musiciens humains ont peut-ĂȘtre du mouron Ă  se faire
Joyeuse fĂȘte de la musique ! 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par siamois93 Jeu 25 Oct 2018 - 242Parfois les animaux sauvent des humains. Re Nos amis les bĂȘtes par Belena Mer 31 Oct 2018 - 2127Moi aussi j'aime trop les animaux!!! mĂȘme plus que les enfants je prĂ©fĂšre mĂȘme avoir des animaux. Je suis fascinĂ©e tout le temps devant leurs comportements, leurs regards, tout petit
Mais je trouve ça un peu enfantin aussi, en sociĂ©tĂ© j'essaye de le cacher. Comment nous pouvons partager les photos de nos bĂȘtes?BelenaMessages 772Date d'inscription 30/05/2016Age 49Localisation FinistĂšre Re Nos amis les bĂȘtes par Zarbitude Mer 7 Nov 2018 - 2209ZarbitudeMessages 8895Date d'inscription 06/12/2012Localisation Ici et maintenant Re Nos amis les bĂȘtes par siamois93 Mer 7 Nov 2018 - 2226Merci Zarbitude, cette vidĂ©o est vraiment super sympa. C'est une race ces chats au pelage "pie" gris et blancs ? Il y en a un qui passe dans le jardin ici . Re Nos amis les bĂȘtes par InvitĂ© Jeu 8 Nov 2018 - 231J'adore le chien qui ramĂšne le chat Ă  la maison !Le mien fait comme le chaton au tout dĂ©but, sauf que c'est carrĂ©ment encombrantInvitĂ© a Ă©critPour les amoureux des chats, un trĂšs beau film/documentaire que je viens de l'ai vu il y a peu, il est trĂšs beaucoup aimĂ© la personne qui explique comment s'occuper des chats l'a aidĂ©, et dit que les chats, ça vous refait tomber amoureux. Re Nos amis les bĂȘtes par Zarbitude Jeu 8 Nov 2018 - 633siamois93 a Ă©critMerci Zarbitude, cette vidĂ©o est vraiment super sympa. C'est une race ces chats au pelage "pie" gris et blancs ? Il y en a un qui passe dans le jardin ici .Je pense qu'il s'agit soit d'un chat de gouttiĂšres ou d'un EuropĂ©en Shorthair mais je ne parviens pas Ă  les diffĂ©rencier. Souris....heu sorry -ZarbitudeMessages 8895Date d'inscription 06/12/2012Localisation Ici et maintenant Re Nos amis les bĂȘtes par Pieyre Jeu 27 DĂ©c 2018 - 923Je suis sensible Ă  la bienveillance entre espĂšces, que ce soit celle d'un prĂ©dateur envers une proie potentielle ou de l'animal vers l'humain quand ce dernier est en difficultĂ©, parmi les cas qu'on trouve souvent rapportĂ©s. Mais je suis tout aussi impressionnĂ© par des comportements qu'on pourrait appeler Ă©goĂŻstes de la part des animaux, quand il s'agit de leur intĂ©rĂȘt bien compris, voire mĂȘme de leur capacitĂ© Ă  jouer de leurs avantages physiques ou intellectuels. Qu'il s'agisse de bienveillance ou d'intelligence, c'est avant tout le niveau de conscience qui m'intĂ©resse, qui peut se comprendre aussi bien sur un plan intellectuel que sur un plan concernant ce qui est rapportĂ© dans cet article Un perroquet utilise un assistant vocal pour passer des 20908Date d'inscription 17/03/2012Localisation Quartier Latin Re Nos amis les bĂȘtes par Lilik-Rose Lun 14 Jan 2019 - 2000C'est Colette qui par sa plume m'a fait dĂ©couvrir plus jeune son amour des chats, je suis amoureuse de cet animal, mythologique, Ă©nigmatique, fascinant Ă  observer, quand je crois tout savoir sur eux, j'en apprends encore. Ils m'enseignent la patience, d'aimer sans Ă©touffer, d'Ă©couter mes besoins, de me poser....Et oui chez moi j'ai les 4 fantastiques bon ok ils ne feront pas peur au surfeur d'argent Lilik-RoseMessages 61Date d'inscription 09/10/2016Age 44Localisation maubeuge Re Nos amis les bĂȘtes par siamois93 Dim 10 FĂ©v 2019 - 140Kevin Richardson, en Afrique du Sud. En ce moment au cinĂ© il y a Mia et le lion blanc». Re Nos amis les bĂȘtes par espĂ©rance Sam 31 AoĂ» 2019 - 1620RĂ©cemment j'Ă©tais chez une amie, assise Ă  cĂŽtĂ© d'un chien qui lui avait Ă©tĂ© confiĂ©. Je tenais sa patte dans ma main. Tout d'un coup il a vivement tournĂ© la tĂȘte, vu la chose, et s'est immĂ©diatement levĂ© pour venir me faire fĂȘte. J'ai Ă©tĂ© trĂšs Ă©mue et trĂšs 1109Date d'inscription 11/07/2010 Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Sam 7 Sep 2019 - 2014Le chacal dĂ©pose ça ici, j'y reviendrai. ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par siamois93 Sam 7 Sep 2019 - 2222Il y a un an il y avait un article sur ce sujet dans Terre de qui il prend la place ? Est-il en concurrence avec nos renards ? Je n'en ai pas vu mention dans l'article de FNE. Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Sam 7 Sep 2019 - 2229Possible, mais aussi possible qu'il se arrive dans une niche Ă©cologique vide...On chasse les renards, encore lĂ©galement ou pas.ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Confiteor Jeu 12 Sep 2019 - 1017Vous n'avez pas le monopole du coeur ConfiteorMessages 7721Date d'inscription 01/04/2017Age 63Localisation DrĂŽme Re Nos amis les bĂȘtes par InvitĂ© Mer 6 Mai 2020 - 1244On dirait un oiseau quand il nage Re Nos amis les bĂȘtes par Basilice Sam 9 Mai 2020 - 1233Salut !Il y aurait tant Ă  dire sur ce sujet...Mais je crois que j'ai envie de parler des livres qui m'ont marquĂ© et qui racontent des "vengeances" de la part des me positionner du cĂŽtĂ© de l'animal je n'en suis pas un et je ne vis pas ces traitements de la part des hommes, donc "je ne saurais jamais" je peux dire que je suis sensible Ă  ces fictions qui expriment l'intelligence des animaux, leur capacitĂ© de comprĂ©hension et peut-ĂȘtre aussi, l'expression d'une forme de rĂ©bellion ou en tout cas, de conscience complexe face Ă  la mort, Ă  la maltraitance, Ă  une "vie contrariĂ©e", fictions qui m'ont marquĂ©e, donc - Sales bĂȘtes - de roald Dahl ;- Le rat de Venise - de Patricia deux livres racontent des vengeances d'animaux et d'arroseurs style diffĂ©rent, plus politique et qui questionne Ă  travers la fiction le rapport au vivant, au respect... Il y aussi La ferme des animaux - de George ce livre que j'ai trouvĂ© sensible, Ă©mouvant, qui n'est pas de la fiction et qui interroge, qui fait des propositions pour l'avenir, qui partage une façon possible d'ĂȘtre en lien avec les 1936Date d'inscription 01/11/2012Localisation Tout dĂ©pend des moments Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Sam 9 Mai 2020 - 1355Je ne crois pas qu'il y ait une rĂ©alitĂ© dans la vengeance observĂ©e des animaux. Plus l'expression d'un ras le vengeance me parait vraiment humaine, et prĂ©mĂ©ditĂ©e. Ce que la plupart des animaux ne savent pas faire. Par contre, qu'ils soient capables de s’engouffrer dans une brĂšche le jour oĂč ils en voient une, oui, ça j'y crois bien !Tu te rappelles d'histoires particuliĂšres ?ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Basilice Lun 11 Mai 2020 - 1756Chuna a Ă©critLa vengeance me parait vraiment humaine, et pense comme toi que les animaux ne se vengent que j'apprĂ©cie avec ces histoires de vengeances d'animaux qui sont de pures fictions ! c'est qu'elles mettent en lumiĂšre Ă  leur maniĂšre une complexitĂ© dans leur rapport Ă  la vie, Ă  la mort, au lien qu'ils ont entre eux et avec nous, qui n'est pas toujours vue ou a Ă©critTu te rappelles d'histoires particuliĂšres ?Dans la vraie vie ?Eh bien une vache m'a foncĂ© dessus une fois mais je ne pense pas qu'elle se vengeait car je ne lui avais rien fait, je passais juste au loin dans "son" champ. Et toi, avec les chevaux ?BasiliceMessages 1936Date d'inscription 01/11/2012Localisation Tout dĂ©pend des moments Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 1829J'ai pas d'histoire de vengeance en tĂȘte. Mais l'idĂ©e vague d'avoir vu un cheval profiter d'une faille du maltraitant pour l'attaquer et le peut passer pour de la vengeance, c'est plus de l'opportunisme, mais le rĂ©sultat est le mĂȘme ^^Pour les chats, on se demande plus. Un de mes meilleurs potes a une grosse minette qui d'emblĂ©e n'a pas pu me saquer. Ce fut rĂ©ciproque. La petite princesse chouchou gĂątĂ©e qui supporte pas de partager son espace vital Et genre dans le dos du pote, on se foutait des beignes en fait, on s'emmerdait mutuellement, sans se faire mal, quoique, fallait que je fasse gaffe Ă  ses griffes, saloperie ^^J'ai jamais compris comment lui, vĂ©to, ne pouvait pas voir que la duchesse Ă©tait obĂšse. L'amour rend aveugle, comme on dit...Dans le mĂȘme style, le gros lardon de ma meilleure pote. J'arrive chez elle, je le rencontre. Je le connaissais par photo depuis presque sa naissance. RĂ©flexe je me penche, je l'attrape dans les bras. Il dit rien. Et lĂ , la copine hurle presque non!!!! Pose le !!! okĂ©, je le pose. Il aime pas ça. Ah, a passĂ© le reste de mon sĂ©jour Ă  s'emmerder, jouer, je le prenais dans le dos de la copine, il adorait ça, en fait, et venait tout le temps me chercher ^^Clairement, je vois les animaux comme je vois un humain une personnalitĂ© Ă  part entiĂšre. Des avec qui ça colle plus ou moins bien. Mais vraiment pas juste un rigolo en fait d'anthropomorphiser, tant que c'est pour rigoler. ça me dĂ©range pas en tout cas dans mes relations avec mes bĂȘtes. Ils savent trĂšs bien s'exprimer et se faire comprendre, dans l'autre sens, ça peut ĂȘtre parfois plus compliquĂ©, quand la bestiole n'a pas forcĂ©ment envie. Globalement, c'est vital pour 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Lun 11 Mai 2020 - 1926Les animaux se un animal est assez "intelligent" pour se souvenir de toi "en bien", et te faire la fĂȘte, il est assez intelligent pour se souvenir de toi "en mal", et selon l'endroit, l'opportunitĂ©, ne pas hĂ©siter Ă  provoquer la l'ai vĂ©cu avec des singes, des mainates, des perroquets, mais aussi des gros chats, des chevaux, ou plus improbable, un il y a quantitĂ© d'histoires concernant les tigres, et les l'animal Ă  de la mĂ©moire, et qu'il est puissant, il faut mieux ĂȘtre un 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par Pabanal Lun 11 Mai 2020 - 1932On parle de vengeance d'Ă©lĂ©phants des dizaines d'annĂ©es plus tard, j'y adhĂšre sans avoir de preuve mais ça doit pouvoir se trouver. Si un Ă©lĂ©phantologue distinguĂ© me dit que c'est une lĂ©gende , j'y croirais dĂ©jĂ  4647Date d'inscription 21/10/2017Age 65Localisation Juste Ă  cĂŽtĂ© de chez moi Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 1933Si ça vous plait d'appeler ça vengeance, ma foi...ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Pabanal Lun 11 Mai 2020 - 1933Par contre j'avais rien fait au singe qui m'a piquĂ© mes lunettes pour me dĂ©stabiliser et aussitĂŽt m'a piquĂ© mon passeport dans ma poche de 4647Date d'inscription 21/10/2017Age 65Localisation Juste Ă  cĂŽtĂ© de chez moi Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Lun 11 Mai 2020 - 1946Chuna a Ă©critSi ça vous plait d'appeler ça vengeance, ma foi...Tu prĂ©fĂšres quoi....reprĂ©sailles, rĂ©torsion ?Pabanal a Ă©critPar contre j'avais rien fait au singe qui m'a piquĂ© mes lunettes pour me dĂ©stabiliser et aussitĂŽt m'a piquĂ© mon passeport dans ma poche de Bali, Ubud ?StegosMessages 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par Pabanal Lun 11 Mai 2020 - 1948En Afrique. Je ne connais pas l'Asie ni les 4647Date d'inscription 21/10/2017Age 65Localisation Juste Ă  cĂŽtĂ© de chez moi Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 1954La vengeance implique de la prĂ©mĂ©ditation. Et ça la plupart des animaux n'en sont pas capables. Certaines bestioles pĂȘ singe, Ă©lĂ©phants mais j'en suis vraiment pas persuadĂ©e. Qu'ils aient ensuite qq1 dans le pif car il lui a fait du mal, oui bien entendu. Qu'ils l'agressent Ă  cause du mauvais souvenir, oui, mais qu'il y ait prĂ©mĂ©ditation, non. ça c'est purement 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Lun 11 Mai 2020 - 2013Chuna a Ă©critLa vengeance implique de la prĂ©mĂ©ditation. Et ça la plupart des animaux n'en sont pas capables. Certaines bestioles pĂȘ singe, Ă©lĂ©phants mais j'en suis vraiment pas persuadĂ©e. Qu'ils aient ensuite qq1 dans le pif car il lui a fait du mal, oui bien entendu. Qu'ils l'agressent Ă  cause du mauvais souvenir, oui, mais qu'il y ait prĂ©mĂ©ditation, non. ça c'est purement penses quoi des animaux qui piĂšgent pour chasser ?StegosMessages 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 2022Tu crois qu'une araignĂ©e rĂ©flĂ©chit Ă  la façon de faire sa toile ? un animal ne va pas traquer un humain qui lui a fait du mal. LĂ  oĂč l'humain va Ă©laborer tout un scĂ©nario pour se venger. La bestiole va faire du mal parce qu'il n'aime pas l'humain ou l'autre bestiole d'ailleurs, il va se rappeler de l'Ă©lĂ©ment dĂ©sagrĂ©able qu'il a subi surtout un Ă©lĂ©phant, mais il va pas se venger pour compenser un dĂ©sagrĂ©ment. Les processus cĂ©rĂ©braux mis en Ɠuvre sont clairement diffĂ©rents entre l'humain et la bestiole. ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Lun 11 Mai 2020 - 2027StegosMessages 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 2029Apprentissage par renforcement positif. ChunaMessages 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Basilice Lun 11 Mai 2020 - 2122Chuna a Ă©crit Ils savent trĂšs bien s'exprimer et se faire comprendre, dans l'autre sens, ça peut ĂȘtre parfois plus compliquĂ©, quand la bestiole n'a pas forcĂ©ment envie. Globalement, c'est vital pour animaux ont toujours fait partie de ma vie j'ai parlĂ© trĂšs spontanĂ©ment aux adultes qui m'entouraient de ce lien que j'avais avec eux, beaucoup se sont moquĂ©s ou m'ont assĂ©nĂ© des poncifs, du coup j'ai gardĂ© certaines choses pour moi et c'est pas si souvent que je peux les partager. Les animaux eux, reçoivent bien le message. Plus d'une fois des gens m'ont dit "mais je comprends paaaas, d'habitude il/elle ne fait jamais çaaaa".Je pense qu'ils comprennent vite que je ne leur ferait pas de mal, qu'ils auront des cĂąlins, que s'ils n'en veulent pas je m'en sentirais pas offensĂ©e ni ne leur courrais aprĂšs, qu'ils m'intĂ©ressent vraiment, que je ne les vois pas comme des peluches Ă  Ă©touffer sans retenue ou de vulgaires machins les regarde avec intĂ©rĂȘt, je vais vers eux et les laisse venir avec curiositĂ©, je les traite en Ă©gal. Pas en Ă©gal sur le plan humain, en Ă©gal sur le plan de la plein d'histoires de rencontres avec des ai aimĂ© certains, profondĂ©ment, nous avons partagĂ© la vie m'ont exaspĂ©rĂ©e, mise en colĂšre, attendrie, Ă©mue, fait rire Ă  m'en rouler par me manquent encore des annĂ©es aprĂšs leur d'autres ça a Ă©tĂ© des rencontres brĂšves, parfois les poncifs c'est embĂȘtant les poncifs parce que ça empĂȘche la discussion, il y a l'idĂ©e selon laquelle "on" aime les animaux parce qu'ils ne nous renvoient rien, contrairement aux n'ai pas cette expĂ©rience lĂ  avec nos les y a des aspects de moi que j'ai dĂ©couvert avec les animaux, pas toujours les meilleurs aspects d'ailleurs, et je trouve que c'est bien le signe et le terreau des rencontres, dĂ©couvrir l'autre et se dĂ©couvrir soi, dans sa y a deux chiens qui m'ont particuliĂšrement le deuxiĂšme, j'ai cru que je retrouverai ce que j'avais vĂ©cu avec le premier et ça n'a pas du tout Ă©tĂ© le Ă©tĂ© dĂ©stabilisĂ©e au dĂ©but, je me sentais empruntĂ©e, je n'arrivais pas Ă  "marcher" dans cette histoire avec lui et j'Ă©tais un peu Ă  ce constat, assez rapidement j'ai balayĂ© le "connu" et me suis laissĂ©e aller en attendant a vĂ©cu des choses, tous les jours. Et petit Ă  petit j'ai commencĂ© Ă  comprendre qui il Ă©tait, Ă  savoir un toutou en tous points diffĂ©rent de son a Ă©tĂ© Ă  la fois tout Ă  fait dĂ©cevant et me souviens de la fois oĂč il a compris qu'il allait rester avec chose a complĂštement changĂ© dans son s'est mis Ă  me regarder d'une autre façon, avec des attentes qu'il n'avait pas yeux plein d'attentes, c'est quelque chose qui m'a pesĂ© parfois, quand je voulais ĂȘtre "tranquille".Mais c'est ce que j'aime, avec les gens comme avec les animaux avec l'autre, tu n'es jamais tranquille, et c'est le mieux qui puisse arriver dans une vie. BasiliceMessages 1936Date d'inscription 01/11/2012Localisation Tout dĂ©pend des moments Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 2142Ils nous renvoient une image crue de nous MĂȘme, sans jugement. Ça j' 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Topsy Turvy Lun 11 Mai 2020 - 2152Et ce renvoi d'image, vous en pensez quoi ?Moi, je trouve qu'on est pas si diffĂ©rent...Des gorilles posent spontanĂ©ment pour le selfie avec les rangers qui les ont sauvĂ©s TurvyMessages 6141Date d'inscription 10/01/2020 Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 2219Je trouve que eux n'ont pas dĂ©truit la 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Pabanal Lun 11 Mai 2020 - 2251Ca me rappelle Ă  Tamanraset j'avais rencontrĂ© des jeunes français qui voulaient traverser le bac Ă  sable, parmi eux il y en avait un qui voulait aller travailler dans une rĂ©serve. Je n'ai jamais vu quelqu'un avoir un tel feeling avec les animaux, il les attirait il se mettait assis par terre Ă  deux mĂštres d'oiseaux et il les regardait et trĂšs peu de temps aprĂšs ils venaient le voir de trĂšs prĂšs. Ces copains disaient que c'Ă©tait habituel pour 4647Date d'inscription 21/10/2017Age 65Localisation Juste Ă  cĂŽtĂ© de chez moi Re Nos amis les bĂȘtes par espĂ©rance Lun 11 Mai 2020 - 2315Chuna a Ă©critLa vengeance implique de la prĂ©mĂ©ditation. Et ça la plupart des animaux n'en sont pas capables. Certaines bestioles pĂȘ singe, Ă©lĂ©phants mais j'en suis vraiment pas persuadĂ©e. Qu'ils aient ensuite qq1 dans le pif car il lui a fait du mal, oui bien entendu. Qu'ils l'agressent Ă  cause du mauvais souvenir, oui, mais qu'il y ait prĂ©mĂ©ditation, non. ça c'est purement connais une petite chienne, ĂągĂ©e, et pas du tout agressive, trĂšs aimĂ©e par ses maĂźtres, bien incapables de lui faire du mal, qui, aprĂšs qu'on l'eĂ»t empĂȘchĂ©e de faire quelque chose qu'elle avait envie de faire, s'est vengĂ©e en faisant ses besoins sur leur 1109Date d'inscription 11/07/2010 Re Nos amis les bĂȘtes par Chuna Lun 11 Mai 2020 - 2324Et des chiens qui se sentent coupables aussi, d'ailleurs, quand on rentre Ă  la maison, s'ils ont pissĂ©, on le voit de suite dans leurs arrĂȘtez de porter des intentions humaines aux animaux, ils mĂ©ritent vraiment mieux, je vous sont bien plus fascinants en tant qu'animaux, avec une intelligence bien Ă  eux, et des comportements extraordinaires mĂȘme si pas Ă  les connaĂźtre vraiment. Ye de supers livres d'Ă©thologie qui expliquent tout mais si ça m'agace, c'est parce que l'incomprĂ©hension mĂšne trop souvent les proprios Ă  punir injustement les chien, il est pas capable de savoir qu'il a pissĂ© ya 2h, mais il sait que quand ça sent la pisse, le maĂźtre gueule voir frappe aprĂšs lui avoir mis le nez dedans. Et ça c'est de la maltraitance. Un chien frustrĂ© peut ĂȘtre dĂ©boussolĂ© et ne pas pisser oĂč il le faut, ou vouloir marquer le territoire pour dĂ©charger sa frustration, mais pas se venger pour faire du mal Ă  son 22222Date d'inscription 31/12/2014Age 41Localisation Landes Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Mar 12 Mai 2020 - 145Je connais des chats qui, quand tu sors la valise pour partir en voyage, vont pisser soir dans la valise, soit sur le lit des attention, pas quand tu sort la valise pour la bouger de place, non, seulement quand tu la prend pour partir quelques jours / semaines en de marquer le coup et de dire "tu m'as dĂ©jĂ  abandonnĂ© par le passĂ© et du coup, je vais me venger."ExpĂ©rimentĂ©...bien plus qu'une 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par Zarbitude Mar 12 Mai 2020 - 829Il me semble que les animaux qui sont rĂ©guliĂšrement en contact avec des humains apprennent des comportements spĂ©cifiques aux humains et dĂ©veloppent une "autre" 8895Date d'inscription 06/12/2012Localisation Ici et maintenant Re Nos amis les bĂȘtes par Basilice Mer 13 Mai 2020 - 1329Chuna a Ă©critLe chien, il est pas capable de savoir qu'il a pissĂ© ya 2h, mais il sait que quand ça sent la pisse, le maĂźtre gueuleJ'ai les mĂȘmes connaissances, le chien n'est pas capable d'associations complexes comme l'humain, il peut associer deux idĂ©es mais pas des combinaisons, d'oĂč le conditionnement Ă  la pavlov pour l' a gĂ©nĂ©ralement une forte empathie, d'oĂč sans doute l'appellation "le meilleur ami de l'homme" ainsi que son "air coupable" quand il a fait une bĂȘtise et qu'il en a en a conscience non pas parce qu'il sait - association d'idĂ©es et souvenir de sa connerie du jour - mais parce qu'il sent et voit - contagion Ă©motionnelle et rĂ©action Ă  la tĂȘte que fait son chiens sont hyper-rĂ©ceptifs aux attitudes corporelles et au 1936Date d'inscription 01/11/2012Localisation Tout dĂ©pend des moments Re Nos amis les bĂȘtes par Lotophage Mer 13 Mai 2020 - 1520Chuna a Ă©critTu crois qu'une araignĂ©e rĂ©flĂ©chit Ă  la façon de faire sa toile ?Et bien moi, je me suis souvent posĂ© la question! Quand on voit la taille de certaines toiles rapportĂ©e Ă  celle de l'araignĂ©e, quand on observe les angles rĂ©guliers, le "tissage circulaire", l'incroyable aptitude de la bĂȘte Ă  fixer solidement sa structure Ă  des angles et autres aspĂ©ritĂ©s improbables avec succĂšs... Nous, soit disant "ĂȘtres supĂ©rieurement intelligents", on serait bien incapable d'en faire autant avec toute une batterie d'outils de mesure...LotophageMessages 1815Date d'inscription 03/09/2018 Re Nos amis les bĂȘtes par Stegos Mer 13 Mai 2020 - 1801Chuna a Ă©critTu crois qu'une araignĂ©e rĂ©flĂ©chit Ă  la façon de faire sa toile ?On peut imaginer qu'elle ne rĂ©flĂ©chit pas, et que donc on peut lui donner des substances connues pour ĂȘtre psycho-actives et qu'il n'y aura PAS de diffĂ©rence dans l’exĂ©cution de la toile..Je prends les paris... En passant, vous savez quel est l'animal souvent utilisĂ© pour simuler les effets d'une drogue / mĂ©dicament sur l'ĂȘtre humain ?C'est...StegosMessages 4567Date d'inscription 18/02/2018Age 103Localisation 3Ăšme planĂšte autour du soleil Re Nos amis les bĂȘtes par ludion Mer 13 Mai 2020 - 1854Je ne suis pas sur que les substances psychoactives touchent un cortex prĂ©frontal que ces animaux ne possĂšdent pas. Elles doivent toucher tout le systĂšme nerveux, un y compris celui qui gĂšre l'appareil sensomoteur en modifiant la chimie des neurotransmetteurs, et ceci suffit Ă  expliquer cela...DerniĂšre Ă©dition par ludion le Mer 13 Mai 2020 - 1953, Ă©ditĂ© 1 fois Raison fauteludionMessages 3521Date d'inscription 07/03/2020 Re Nos amis les bĂȘtes par Lotophage Mer 13 Mai 2020 - 1949ludion a Ă©critJe ne suis pas sur que les substances psychoactives touchent un cortex prĂ©frontal que ces animaux ne possĂšdent pas. Elles doivent toucher tout le systĂšme nerveux, un compris celui qui gĂšre l'appareil sensomoteur en modifiant la chimie des neurotransmetteurs, et ceci suffit Ă  expliquer cela...Je le pense aussi. Tout dĂ©pend de ce que l'on entend par "intelligence". En effet, si l'on pose comme condition sine qua non pour qualifier un ĂȘtre vivant "d'intelligent" la possession d'un systĂšme nerveux central organisĂ© selon une anatomie de type cortex cĂ©rĂ©bral , alors on peut considĂ©rer comme "non intelligentes" bien des espĂšces vivantes. Si en revanche, on considĂšre comme une intelligence la capacitĂ© d'adaptation Ă  un environnement et Ă  ses changements alors l'angle de vue se modifie et il n'est pas stupide de considĂ©rer qu'une araignĂ©e puisse ĂȘtre ma part, aprĂšs avoir pu observer un certain nombre de sujets avec cortex rĂ©agir de maniĂšre totalement inadaptĂ©e et faire ce que j'oserais nommer des "sacrĂ©es conneries " je m'interroge LotophageMessages 1815Date d'inscription 03/09/2018 Re Nos amis les bĂȘtes par ludion Mer 13 Mai 2020 - 2003Je te rejoins Lotophage. il semble bien que l'Ă©volution ait prĂ©vu de donner Ă  tous les ĂȘtres vivants un minmium d'Ă©quipement pour que ces derniers aient un moyen de survivre en s'adaptant au milieu. La partie reptilienne ou palĂ©ocortex du cerveau, par exemple, chez les mamifĂšres qui supporte les fonctions vitales de l'organisme respiration, tempĂ©rature, reproduction, alimentation et comportements de survie fuite, agression....ludionMessages 3521Date d'inscription 07/03/2020 Sujets similairesSauter vers Permission de ce forumVous ne pouvez pas rĂ©pondre aux sujets dans ce forum Je tiens Ă  remercier les Ă©valuateurtrices anonymes ainsi que les coordinateurtrices de ce numĂ©ro qui, par leurs suggestions et leurs prĂ©cieux conseils, m’ont permis d’amĂ©liorer cet article. Je remercie Ă©galement Marc Bessin, Ivan Garrec, Marianne Le Gagneur et OcĂ©ane Sipan pour leurs nombreuses relectures. Enfin, je remercie CĂ©line BĂ©raud et JĂ©rĂŽme Michalon dont les remarques lors du comitĂ© de thĂšse ont conduit Ă  de nettes amĂ©liorations. 1. Introduction 1L’historiographie nous rappelle que, dĂšs sa naissance au XVIIIe siĂšcle, la prison est soumise Ă  de nombreuses rĂ©formes Foucault, 1975 ; ArtiĂšres, Lascoumes, 2004. Face Ă  la critique d’inhumanitĂ©, d’ institution dĂ©gradante » Rostaing, 2021, les gouvernants du systĂšme carcĂ©ral prĂ©tendent outrepasser les objectifs rĂ©pressifs et punitifs de la prison pour en intĂ©grer d’autres comme celui de rĂ©insertion. Dans un contexte de modernisation de l’État et des administrations publiques dĂ©butĂ© dans les annĂ©es 1980 Avril et al., 2005, l’administration pĂ©nitentiaire se trouve tiraillĂ©e entre des rĂ©formes sĂ©curitaires et des tentatives d’humanisation, de bien punir » Bouagga 2015 ; 2016. Le tournant des annĂ©es 1970-1980 marque un dĂ©cloisonnement relatif de la prison rendu en partie visible par la multiplication des intervenantes extĂ©rieures supposĂ©es Ɠuvrer pour l’individualisation de la peine, une meilleure prĂ©paration Ă  la sortie et in fine, la lutte contre la rĂ©cidive. DĂšs lors, une nouvelle image de la personne incarcĂ©rĂ©e est promue au sein du systĂšme carcĂ©ral au centre de sa peine, active et responsable Hannah-Moffat, 2005 ; Quirion, 2009 ; Cliquennois, 2013. 1 Je me rĂ©fĂšre ici Ă  la fois Ă  la dĂ©finition de Michel Foucault du dispositif comme Ă©tant un rĂ©seau ... 2 Dans son livre, JĂ©rĂŽme Michalon regroupe ces pratiques sous l’expression soin par le contact anim ... 3 Voir le site de la Fondation 4 Le nombre connu des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires pratiquant la mĂ©diation animale n’est valable qu’ ... 2Les dispositifs1 de mĂ©diation animale que cet article analyse s’inscrivent dans cette dynamique d’ouverture relative de la prison et d’individualisation de la peine. La mĂ©diation animale est le terme choisi2 pour parler de l’ensemble de ces pratiques hĂ©tĂ©rogĂšnes visant la mise en relation d’un animal vivant et d’un ĂȘtre humain en situation de souffrance liĂ©e Ă  une maladie et/ou Ă  un handicap en vue d’un bĂ©nĂ©fice pour ce dernier » Michalon, 2014, 15. Ces mĂ©diations sont rĂ©alisĂ©es par des prestataires extĂ©rieurs qui interviennent en prison avec leurs propres animaux. Elles peuvent prendre des formats divers de la coprĂ©sence entre prisonnieres et animaux — chiens et petits rongeurs — lors de groupes de parole ou bien des mĂ©diations Ă©quines dans lesquels les prisonnieres sont censĂ©s apprendre Ă  gĂ©rer leurs Ă©motions et amĂ©liorer leur communication. Selon la Fondation Adrienne et Pierre Sommer3, actrice clef qui a cartographiĂ© les dispositifs de mĂ©diation animale en France, ils ont Ă©tĂ© prĂ©sents dans un tiers des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires français4. 5 Les pages consacrĂ©es Ă  la mĂ©diation animale sur le site du ministĂšre de la Justice mettent en avant ... 3TantĂŽt qualifiĂ©s d’ activitĂ©s », tantĂŽt de thĂ©rapies », de programmes », d’ animations », ces dispositifs comptent parmi les interventions sociales non directement pĂ©nales en prison. On les retrouve liĂ©s Ă  divers pĂŽles en fonction des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires soin, culture, programmes de prĂ©vention de la rĂ©cidive ou sport. À mesure qu’ils se multiplient et qu’ils s’ouvrent Ă  divers publics en dĂ©tention, la liste des objectifs affichĂ©s par l’administration pĂ©nitentiaire s’étend lutter contre les effets de l’incarcĂ©ration, apaiser les tensions en dĂ©tention, prĂ©venir les suicides, lutter contre l’isolement, empĂȘcher la rĂ©cidive et favoriser la rĂ©insertion5. 4Apparus dans les annĂ©es 1970 dans les prisons amĂ©ricaines, les dispositifs de mĂ©diation animale voient le jour en France en 2008. Les intentions des acteurtrices qui les mettent en place — occuper, soigner, rĂ©insĂ©rer — varient grandement selon les contextes. Que s’est-il passĂ© pendant ces quarante annĂ©es qui sĂ©parent les premiĂšres initiatives nord-amĂ©ricaines de celles françaises ? Comment se sont construits ces dispositifs de mĂ©diation animale outre-Atlantique et avec quels objectifs ? Quelles ont Ă©tĂ© les conditions de leur diffusion en France ? 5Les travaux de recherche croisant mĂ©diation animale et Ă©tude de la prison prĂ©sents dans la littĂ©rature s’insĂšrent dans une logique de promotion de ces dispositifs en proposant des protocoles d’évaluation et la dĂ©finition de bonnes pratiques Ă  des fins de reproductibilitĂ© dans d’autres Ă©tablissements Britton, Button, 2005 ; Furst, 2006 ; Cooke, Farrington, 2016 ; Allison, Ramaswamy, 2016 ; Jalongo, 2020. Ces travaux sous-tendus par une logique actuarielle visant Ă  prĂ©dire le comportement des individus et gĂ©rer les risques, largement dominante dans le champ pĂ©nal amĂ©ricain Feely, Simon, 1992 ; Harcourt, 2005, se concentrent sur le lien entre la participation Ă  un tel programme de mĂ©diation animale et la baisse du taux de rĂ©cidive. 6En adoptant une perspective socio-historique, cet article explore le dĂ©veloppement de tels dispositifs et leur double circulation interinstitutionnelle avec le passage de la mĂ©diation animale de l’hĂŽpital Ă  la prison, depuis des objectifs de soin vers des objectifs de rĂ©insertion, et transnationale avec la diffusion du dispositif de l’AmĂ©rique du Nord vers la France. Il s’agit de documenter pour la premiĂšre fois une histoire des mĂ©diations animales dans les prisons françaises afin d’identifier les stratĂ©gies de lĂ©gitimation qui ont conduit certains dispositifs Ă  s’institutionnaliser. 7Ce travail s’ancre dans la lignĂ©e des travaux de sociologie carcĂ©rale qui se sont intĂ©ressĂ©s Ă  la place du soin en prison Bessin, Lechien, 2000, plus particuliĂšrement aux hybridations des pratiques pĂ©nales Larminat, 2014 ; LancelevĂ©e et al., 2019 ainsi qu’à l’évolution des rapports entre surveillantes et surveillĂ©es Chauvenet et al., 1994. À la maniĂšre d’une sociologie de l’action publique Delpeuch, 2009, cet article examinera le processus de diffusion des dispositifs de mĂ©diation animale, les transformations et ajustements qu’ils vĂ©hiculent. Les mĂ©canismes Ă  l’Ɠuvre dans cette diffusion, les acteurtrices qui y prennent part Ă©clairent les changements institutionnels de la prison. Analyser la mĂ©diation animale comme une pratique hybride, reprĂ©sente ainsi un angle privilĂ©giĂ© pour comprendre les Ă©volutions contemporaines du monde carcĂ©ral ainsi que la porositĂ© des logiques — de soin, de rĂ©insertion, de responsabilisation — qui cohabitent en son sein. 8L’article aborde en premier lieu la genĂšse de ces dispositifs aux États-Unis et en France et les conditions de leur diffusion afin de comprendre les logiques communes et singuliĂšres sur lesquelles reposent ces dispositifs. La seconde partie resserre la focale sur le contexte français et porte sur la rĂ©ception de ces dispositifs en s’intĂ©ressant Ă  deux stratĂ©gies de lĂ©gitimation mises en Ɠuvre pour les institutionnaliser d’une part, la participation du personnel pĂ©nitentiaire et, d’autre part, l’évaluation des dispositifs. 6 J’ai observĂ© les groupes de parole une demi-journĂ©e par semaine pendant 18 semaines. Lorsque je me ... MĂ©thodologie et terrain Les analyses que je prĂ©sente sont issues d’un travail de recherche socio-anthropologique menĂ© de l’automne 2018 au printemps 2020. Mon travail de thĂšse consiste en une ethnographie de ces dispositifs et se propose d’investiguer la mĂ©diation animale comme une nouvelle forme d’intervention et d’accompagnement des personnes incarcĂ©rĂ©es. J’ai observĂ© une cinquantaine de sĂ©ances de mĂ©diation animale au sein de sept Ă©tablissements pĂ©nitentiaires des groupes de parole accompagnĂ©s d’animaux mais aussi des mĂ©diations Ă©quines Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur de la prison, dans le cadre de permissions de sortir ». Ces observations soulignent la grande hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de ces pratiques de mĂ©diation animale Michalon, 2014. J’ai suivi Ă  plusieurs reprises les mĂȘmes groupes de parole et des mĂ©diations Ă©quines de maniĂšre plus ponctuelle, sur plusieurs journĂ©es6. Les structures dans lesquelles je suis allĂ©e dĂ©pendent de trois Directions interrĂ©gionales des services pĂ©nitentiaires DISP en France mĂ©tropolitaine et couvrent plusieurs rĂ©gimes de dĂ©tention masculine et fĂ©minine deux centres pĂ©nitentiaires, quatre maisons d’arrĂȘt et un Ă©tablissement pour mineurs. La variĂ©tĂ© des Ă©tablissements rend compte de l’étendue de ces pratiques de mĂ©diation animale sur l’ensemble du territoire français. J’ai complĂ©tĂ© mes observations par des entretiens semi-directifs individuels avec des prisonnieres N = 25 aux profils sociaux, pĂ©naux et carcĂ©raux variĂ©s et des professionnelles N = 28. Cette derniĂšre sĂ©rie d’entretiens sert de matĂ©riau principal dans cet article. Parmi les professionnelles, j’ai interrogĂ© des promoteurtrices de la mĂ©diation animale et personnel pĂ©nitentiaire surveillante pĂ©nitentiaire, conseillere pĂ©nitentiaire d’insertion et de probation CPIP, cheffe d’établissement, directeurtrice des services pĂ©nitentiaires d’insertion et de probation SPIP, chef du dĂ©partement des politiques d’insertion, de probation et de prĂ©vention de la rĂ©cidive DPIPPR et responsable nationale du partenariat associatif Ă  la Direction de l’administration pĂ©nitentiaire DAP. Ces entretiens me permettent d’écrire une histoire française des dispositifs de mĂ©diation animale. De plus, j’utilise des extraits de mon carnet de terrain qui permettent de voir comment cette institutionnalisation s’incarne Ă  travers certaines acteurtrices. En outre, mon analyse repose sur une littĂ©rature grise » composĂ©e de documents issus des sites internet du gouvernement, divers rapports, cahiers et brochures de la fondation Sommer. 2. Sur les traces de la mĂ©diation animale en prison expĂ©rimentations aux États-Unis et en France 9Comment les dispositifs de mĂ©diation animale sont-ils passĂ©s d’une logique de soin Ă  une logique de rĂ©insertion voire de responsabilisation ? Les finalitĂ©s de ces dispositifs sont-elles identiques aux États-Unis et en France ? L’étude de leur circulation transnationale, commencĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 2000, nous renseigne sur les diffĂ©rentes acteurtrices qui portent cette innovation et veulent la voir prospĂ©rer dans les Ă©tablissements pĂ©nitentiaires français. Mais, quelle appropriation peut-on alors analyser ? Que reste-t-il des dispositifs initiaux ? Les prison-based animal programs entre soin, rĂ©insertion et responsabilisation 7 Un des traits caractĂ©ristiques des dĂ©buts de la mĂ©diation animale concerne la rencontre accidentell ... 8 Traduit en français par mĂ©decine des preuves », l’EBM se dĂ©veloppe dans les annĂ©es 1980-1990. 10Si l’on peut dater l’histoire des interactions entre prisonniers de guerre et animaux Ă  la Seconde Guerre mondiale Strimple, 2003, la premiĂšre expĂ©rience Ă  succĂšs » reste celle menĂ©e au Oakwood Forensic Center aussi appelĂ© Lima State Hospital for the Criminally Insane au milieu des annĂ©es 1970 et racontĂ©e par David Lee 1984, travailleur social dans cet Ă©tablissement. L’histoire souvent mobilisĂ©e pour Ă©voquer cet imprĂ©vu fondateur »7 Michalon, 2014, 51 — soit la rencontre accidentelle entre humains et animaux qui donne naissance Ă  des programmes plus structurĂ©s — est qu’en 1974 un groupe de patients dĂ©pressifs et suicidaires d’un quartier ont pris ensemble le risque d’ĂȘtre punis en cachant un oiseau sauvage blessĂ© dans un local mĂ©nage et en le nourrissant de restes du rĂ©fectoire » Lee, 1984, 231 [ma traduction]. MĂȘme si l’oiseau ne survit pas Ă  ses blessures, David Lee trouve cette expĂ©rience suffisamment significative et les changements d’attitudes assez soudains, pour que celle-ci se poursuive et que l’établissement accueille des animaux en son sein. En 1975, l’établissement se lance dans une expĂ©rimentation qui marquera les dĂ©buts des Prison Animal-based Programs PAPs en accueillant durant trois mois, trois perruches ainsi qu’un aquarium dans l’établissement. Les PAPs proviendraient du lien existant entre humains et animaux Hines, 2003 et de son potentiel thĂ©rapeutique. Quelques annĂ©es plus tard, en 1981, impulsĂ©e par le modĂšle de l’Evidence Based Medecine8, une Ă©tude comparative dĂ©bute entre un groupe de patients incarcĂ©rĂ©s avec des animaux et l’autre sans, afin d’analyser les potentiels bĂ©nĂ©fices de cette prĂ©sence animale. Les rĂ©sultats semblent sans Ă©quivoque et les bienfaits en termes de santĂ© mentale en ressortent les patients ayant un animal de compagnie ont eu besoin de deux fois moins de mĂ©dicaments, ont connu une rĂ©duction considĂ©rable des incidents violents et n’ont pas fait de tentative de suicide pendant l’annĂ©e de comparaison » Lee, 1984, 232 [ma traduction]. David Lee souligne une nouvelle fois la rĂ©ussite du programme dont la premiĂšre ambition est thĂ©rapeutique auprĂšs de personnes atteintes de dĂ©pressions chroniques et ayant des pensĂ©es suicidaires. 9 Dans son Ă©tude 1999, VĂ©ronique Servais interroge le pouvoir thĂ©rapeutique » des dauphins auprĂšs ... 10 Disponible en ligne 11 La citation originale if you can’t get God in your life, bring a dog in there, because the word “ ... 11En 1981, une autre initiative pionniĂšre voit le jour dans le champ des PAPs. MenĂ©e par Kathy Quinn 1942-2020, elle marque l’entrĂ©e de la mĂ©diation animale en prison. Kathy Quinn, devenue sƓur dominicaine, incarne Ă  elle seule ces belles histoires » Servais, 1999 qui accompagnent ces dispositifs de mĂ©diation animale supposĂ©s ĂȘtre vecteurs de changements9. Dans une interview diffusĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux en 201910, SƓur Quinn effectue un jeu de mots entre Dieu God » et les chiens dog »11, exprimant explicitement la place des chiens dans le domaine du sacrĂ© en leur confĂ©rant des missions et qualitĂ©s particuliĂšres, de guĂ©rison notamment. Convaincue des bĂ©nĂ©fices apportĂ©s par la relation humain-chien et Ă©ducatrice canine elle-mĂȘme, SƓur Quinn s’associe avec un vĂ©tĂ©rinaire, le Dr Leo Bustad, et lance un programme d’éducation canine en prison au Washington Correction Center for Women WCCW Ă  Gig Harbor Strimple, 2003 ; Deaton, 2005. Ce programme, le plus ancien aujourd’hui et probablement l’un des plus structurĂ©s, comporte une forte dimension Ă©ducative Furst, 2006 et insiste sur les habilitĂ©s sociales acquises Ă  partir de ces programmes. 12Ce programme marque le passage d’objectifs thĂ©rapeutiques de soin psychologique et physiologique de l’individu Ă  des objectifs de rĂ©insertion, sociale et professionnelle pour Ă©viter la rĂ©cidive. Cette circulation du soin Ă  la rĂ©insertion est visible dans d’autres programmes comme les activitĂ©s sportives. Dans son ouvrage Le sport en prison 2005, Laurent Gras montre que les vertus thĂ©rapeutiques du sport — meilleure hygiĂšne des personnes incarcĂ©rĂ©es, lutte contre les effets de la sĂ©dentaritĂ©, nette amĂ©lioration de la santĂ© mentale et physique — ont servi, dans un premier temps, Ă  promouvoir ces activitĂ©s et leur mise en place. Mais, dans un second temps, l’administration pĂ©nitentiaire a mis en avant la rĂ©insertion comme finalitĂ© possible de l’activitĂ© sportive qui servirait de passerelle entre le dedans et le dehors et prĂ©parerait davantage les personnes incarcĂ©rĂ©es Ă  leur sortie. Comme pour les dispositifs de mĂ©diation animale, il s’agit de trouver des fonctions institutionnelles » Gras, 2005 qui permettent de lĂ©gitimer ces activitĂ©s. 13À travers ce programme au WCCW, les femmes incarcĂ©rĂ©es se forment Ă  de nouvelles compĂ©tences comme socialiser les chiens, prendre soin d’eux ou les toiletter Jalongo, 2020, qui sont valorisables sur le marchĂ© professionnel Ă  leur sortie. En plus d’apprendre de nouvelles aptitudes professionnelles, elles offrent une rĂ©paration Ă  la communautĂ© », fragilisĂ©e par les dĂ©lits et crimes dont elles sont accusĂ©es, en Ă©duquant des chiens issus de refuges avant qu’ils soient remis Ă  des personnes en situation de handicap. En cela, la mĂ©diation animale se rapproche ici plus d’une forme de justice restaurative que d’un programme correctif » en se concentrant davantage sur une justice pĂ©nale comme rĂ©pondant Ă  des objectifs de rĂ©paration et non aux actions individuelles des personnes jugĂ©es dĂ©linquantes Jalongo, 2020, 6. 14En 1981, le Prison Pet Partnership voit le jour marquĂ© par une logique, que je qualifie de rĂ©paration », qui suppose qu’une personne se rĂ©pare autant qu’elle contribue Ă  rĂ©parer la sociĂ©tĂ©. Avec cette logique, un discours religieux portĂ© par les intervenantes, prĂȘchant le pardon, rĂ©sonne en toile de fond de ces dispositifs. Depuis, ce programme s’est largement dĂ©veloppĂ© Ă  travers les États-Unis et plus de 700 chiens ont Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s par des personnes incarcĂ©rĂ©es avant d’ĂȘtre placĂ©s dans des familles comme chiens d’assistance. Cette initiative et d’autres qui suivirent comme Cell Dogs ou Puppies Behind Bars, ont recours Ă  la rhĂ©torique selon laquelle humains et animaux ont tous deux droit Ă  une seconde chance. 15La logique de responsabilisation occupe une place de choix dans les PAPs comme dans les travaux qui s’intĂ©ressent aux interventions correctionnelles. En ce sens, on peut dire que l’évolution des PAPs suit celle des rhĂ©toriques rattachĂ©es Ă  l’intervention correctionnelle. Bastien Quirion 2012 note un changement survenu ces trente derniĂšres annĂ©es au sujet des rhĂ©toriques de l’intervention les rhĂ©toriques de rĂ©forme et de rĂ©adaptation ont laissĂ© peu Ă  peu place Ă  celle de la responsabilisation qui consiste en l’émergence d’une nouvelle grammaire de l’individu qui contribue Ă  produire des individus autonomes et responsables dont la principale force est d’ĂȘtre en mesure de dĂ©montrer une certaine autonomie par rapport aux institutions traditionnelles de prise en charge » Quirion, 2012, 347‑348. Cette nouvelle grammaire de la responsabilisation se retrouve parfaitement dans un programme appelĂ© TAILS — Teaching Animals and Inmates Life Skills — qui met en lien des prisonniers et des chiens de refuges, particuliĂšrement stigmatisĂ©s comme les pitbulls. Les prisonnieres travaillent certaines habilitĂ©s sociales comme l’empathie et la patience et se retrouvent responsables de la rééducation des chiens en vue de leur prochaine adoption. Aujourd’hui, cette logique de responsabilisation, Ă©troitement liĂ©e Ă  la notion de rĂ©paration, qu’on pourrait qualifier d’utilitariste car ces dispositifs servent Ă  la communautĂ© », s’impose aux États-Unis. La diversitĂ© des programmes en tĂ©moigne tantĂŽt des chiens Ă©duquĂ©s pour devenir des chiens d’assistance tantĂŽt des chevaux sauvages dressĂ©s pour rĂ©guler leur nombre et rĂ©duire leur impact sur la biodiversitĂ©. 16Les Ă©tudes sur les PAPs tĂ©moignent de ce dĂ©placement du soin Ă  la rĂ©insertion. Si auparavant les Ă©tudes s’intĂ©ressaient aux supposĂ©s bienfaits de la mĂ©diation animale notamment sur la santĂ© des personnes incarcĂ©rĂ©es, elles prennent aujourd’hui racine dans une logique actuarielle centrĂ©e sur la gestion des risques. Dans cette lignĂ©e, plusieurs d’entre elles Moneymaker, Strimple, 1991 ; Cooke, Farington, 2014 mesurent l’impact de tels programmes et s’intĂ©ressent Ă  la corrĂ©lation entre la participation Ă  un PAP et la baisse du taux de rĂ©cidive. 17À l’issue de ce portrait historique, l’on saisit bien les origines du soin dans le dĂ©veloppement de la mĂ©diation animale en prison. Si les premiers objectifs visĂ©s Ă©taient thĂ©rapeutiques, ils ne tardent pas Ă  s’accorder aux objectifs de rĂ©insertion. Par ailleurs, le fait d’ĂȘtre de nouveau responsable, devient une finalitĂ© recherchĂ©e par ces dispositifs, signe d’une nouvelle logique, de plus en plus centrĂ©e sur l’individu, promue par l’institution carcĂ©rale. L’émergence de ces dispositifs dans le contexte français provient d’une diffusion de l’AmĂ©rique du Nord vers la France. Il s’agit maintenant d’analyser les conditions de circulation de ces dispositifs en identifiant les acteurtrices qui y ont participĂ©. De l’AmĂ©rique du Nord Ă  la France itinĂ©raire d’un dispositif 18Que s’est-il passĂ© pendant ces quarante annĂ©es qui sĂ©parent la premiĂšre initiative de mĂ©diation animale amĂ©ricaine de celle française en 2008 ? Pour le comprendre, il nous faut analyser la circulation transnationale des dispositifs de mĂ©diation animale en s’intĂ©ressant aux acteurtrices qui ont contribuĂ© Ă  leur diffusion ainsi qu’aux stratĂ©gies mises en Ɠuvre au cours de celle-ci. Les dispositifs de mĂ©diation animale n’ont pas fait l’objet d’une importation au sens strict mais plutĂŽt d’une diffusion, ce qui renvoie ici au processus par lequel une innovation est communiquĂ©e par certains canaux au fil du temps parmi les membres d’un systĂšme social » Rogers, 1983, 5. Dans The Diffusion of Innovations 1962, Everett Rogers dĂ©finit quatre Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  une diffusion 1 une innovation, c’est-Ă -dire une idĂ©e, une pratique ou un objet perçu comme nouveau par un individu ou par une unitĂ© d’adoption, 2 un ou des canaux de communication, c’est-Ă -dire le moyen par lequel les messages passent d’un individu Ă  un autre, 3 la dimension temporelle prĂ©sente dans toute diffusion et enfin 4 un systĂšme social comme Ă©tant un ensemble d’unitĂ©s reliĂ©es les unes aux autres pour atteindre un but commun. La mĂ©diation animale, alors comprise comme une innovation peut ĂȘtre analysĂ©e sous l’angle de la sociologie de l’action publique Delpeuch, 2009 et des policy transfer studies PTS Dolowitz, Marsh, 1996 ; 2000. Celles-ci ont largement Ă©tudiĂ© ces phĂ©nomĂšnes de diffusion mĂȘme si elles n’ont pu rendre compte de la complexitĂ© du phĂ©nomĂšne nĂ©gligeant ainsi les phĂ©nomĂšnes de traduction modes de rĂ©ception des Ă©lĂ©ments transfĂ©rĂ©s et d’hybridation maniĂšre dont se lient les Ă©lĂ©ments transfĂ©rĂ©s aux Ă©lĂ©ments existants accompagnant les transferts de politiques publiques Hassenteufel, Maillard, 2013. 19L’étude de cette diffusion tĂ©moigne d’une certaine ouverture de la prison et de sa porositĂ© avec le monde extĂ©rieur, s’inscrivant dans la crĂ©ation de partenariats, notamment avec le monde associatif, comme le souligne l’extrait de terrain ci-dessous J’ai Ă©tĂ© invitĂ©e par la Fondation Sommer Ă  une projection privĂ©e dans un cinĂ©ma luxueux du 8e arrondissement de Paris. Le film Ă  l’écran est celui de Laure de Clermont-Tonnerre, Nevada, qu’elle prĂ©sente en visio depuis les États-Unis. Il raconte l’histoire de Roman, un homme incarcĂ©rĂ© dans une prison du Nevada, qui va participer Ă  un programme de rĂ©habilitation sociale en dressant des chevaux mustangs. À la suite de la projection, des alliĂ©es de la mĂ©diation animale de la premiĂšre heure font un retour sur leurs expĂ©riences des mĂ©diations animales en prison. Boris Albrecht, directeur de la Fondation, dĂ©plore l’absence d’une personne rattachĂ©e au ministĂšre de la Justice, qui s’était dit trĂšs intĂ©ressĂ©e par l’initiative. On y entend toutefois des intervenantes en mĂ©diation animale, une professionnelle en charge des partenariats associatifs Ă  la Direction de l’administration pĂ©nitentiaire, un chef d’établissement qui a systĂ©matiquement mis Ă  l’Ɠuvre des dispositifs de mĂ©diation animale dans les Ă©tablissements qu’il a dirigĂ©s et un psychologue clinicien qui revient sur les bĂ©nĂ©fices de telles actions pour les personnes incarcĂ©rĂ©es et le personnel de surveillance. Dans le public se trouve Marie Claude Lebret, fondatrice d’Handi’Chiens, dont on salue l’initiative de dĂ©part avec les chiens d’assistance et qui se dit heureuse de voir se dĂ©velopper ces actions en prison dont elle loue les effets positifs visibles dans le film. Extrait de carnet de terrain, le 8 octobre 2019 20À propos de cette projection qui rassemble les promoteurs de la mĂ©diation animale en France, l’on peut noter la place centrale occupĂ©e par les associations. Dans Panser avec les animaux. Sociologie du soin par le contact animalier 2014, JĂ©rĂŽme Michalon Ă©tudie le contexte d’émergence de la communautĂ© Human-Animal Interactions HAI et comment celle-ci se traduit par la crĂ©ation d’associations et de partenariats avec des centres universitaires qui s’intĂ©ressent Ă  la question du lien entre humains et animaux et promeuvent l’importance de cette relation inter-espĂšce. Lors de cette projection oĂč est rĂ©unie l’ Ă©lite de la mĂ©diation animale », au vu de leurs caractĂ©ristiques sociales classes moyennes, supĂ©rieures et capitaux culturels et Ă©conomiques des acteurtrices prĂ©sentes il s’agit des membres actifves de la communautĂ© HAI française d’un cĂŽtĂ©, l’association Handi’Chiens et de l’autre, la Fondation Sommer. 21La premiĂšre association française responsable de la diffusion de la mĂ©diation animale dans les prisons françaises est celle fondĂ©e en 1989 par Marie Claude Lebret, Handi’Chiens. Dans notre entretien, elle raconte sa rencontre avec les chiens d’assistance via un reportage tĂ©lĂ©visĂ© J’ai vu un reportage tĂ©lĂ©visĂ© en 1986 qui prĂ©sentait les chiens d’assistance aux États-Unis. Et lĂ , j’ai Ă©tĂ© subjuguĂ©e vraiment par le travail de ces chiens avec une personne handicapĂ©e en fauteuil roulant [
]. Et la conclusion de l’émission, c’est qu’il n’y avait rien de fait en France concernant le chien d’assistance et que toute initiative serait la bienvenue [
] j’ai pris contact avec l’association AFIRAC [Association française d’information et de recherche sur l’animal de compagnie] pour avoir un peu plus d’informations sur l’éducation de ces chiens. Entretien avec Marie Claude Lebret, fondatrice d’Handi’Chiens, 9 dĂ©cembre 2020 22Soutenue par l’AFIRAC, Marie Claude Lebret, alors professeure de biologie zootechnie en lycĂ©e agricole, se rend par intermittence aux États-Unis entre 1989 et 1990 pour suivre les enseignements de Bonita Bergin, fondatrice de la Canine Companion for Independance. Cette derniĂšre lui apprend la mĂ©thode pour Ă©duquer les futurs chiens d’assistance. De ce voyage, elle revient avec deux chiots dont un qui servira d’ ambassadeur » afin de faire connaĂźtre les chiens d’assistance en France. Depuis, la liste des chiens au service des humains s’est Ă©largie chiens d’éveil, d’assistance, dĂ©tecteurs de crises d’épilepsie et d’accompagnement social — ceux que l’on retrouve en prison. Marie-Claude Lebret n’est pas la seule parmi les personnes que j’ai rencontrĂ©es Ă  ĂȘtre allĂ©e se former outre-Atlantique. C’est aussi le cas de RaphaĂ«lle, intervenante en mĂ©diation animale IMA dans plusieurs prisons, partie au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă  l’Institut de zoothĂ©rapie du QuĂ©bec pour devenir zoothĂ©rapeute. Bien qu’ils se soient dĂ©veloppĂ©s depuis, ces cursus n’existaient pas en France. Leur importation en France confirme que cette diffusion s’explique en partie par la circulation des ĂȘtres partis se former outre-Atlantique. En effet, la diffusion passe d’abord par un temps d’observation du modĂšle de l’innovation Ă  l’étranger, d’apprentissage d’une technique et de sa mise en place dans le nouveau contexte. 23Si Handi’Chiens contribue au dĂ©part de maniĂšre indirecte Ă  la diffusion de la mĂ©diation animale dans les prisons françaises en introduisant des chiens d’assistance en France qui ouvriront la voie aux chiens d’interventions, prĂ©sents en prison, la Fondation Sommer garantit, quant Ă  elle, son soutien financier pour la mise en place de tels dispositifs. FondĂ©e en 1971, la Fondation Sommer a trois missions informer, Ă©duquer et soutenir. Depuis 2008, date Ă  laquelle apparaissent pour la premiĂšre fois les dispositifs de mĂ©diation animale dans les prisons françaises, la Fondation soutient financiĂšrement leur mise en Ɠuvre et informe sur ces pratiques en publiant des cahiers et des brochures dont plusieurs ont pour objet la mĂ©diation animale en prison. Boris Albrecht, directeur de la Fondation, revient en entretien sur l’appropriation de ladite innovation 12 À des fins d’anonymisation, les lieux et les prĂ©noms ont Ă©tĂ© changĂ©s. Je suis allĂ© aux États-Unis, j’avais rencontrĂ© deux trois personnes [qui intervenaient en prison] lors de la confĂ©rence de l’IHAIO [International Human Animal Interaction Organization] Ă  Chicago. Je me suis dit il faut qu’on arrive Ă©ventuellement Ă  faire la mĂȘme chose en France, mais il faut adapter ces systĂšmes. Quand je suis revenu, je me suis dit qui a l’expĂ©rience ? ». Les chiens guides chez nous n’ont pas l’expĂ©rience des prisons, ils ne savent pas ce que c’est, ça va ĂȘtre compliquĂ© Ă  mettre en place. Et l’on s’est adressĂ© Ă  Handi’Chiens. Ils Ă©taient plus sensibilisĂ©s et on a proposĂ© Ă  la prison de Montignes12. Entretien avec Boris Albrecht, directeur de la Fondation Sommer, le 3 septembre 2019 24De nouveau, on trouve la prĂ©sence d’un rĂ©seau d’acteurtrices, dĂ©jĂ  constituĂ©, de la communautĂ© HAI Ă  travers l’IHAIO. Pour assurer la diffusion de telles pratiques, il ne reste plus qu’à trouver des partenaires qui pourront toutefois adapter ces systĂšmes en France » et Handi’Chiens reprĂ©sente un alliĂ© de choix pour la Fondation Sommer. 25Comme on l’a vu, cette diffusion a Ă©tĂ© principalement menĂ©e par des associations et fondations qui promeuvent le dĂ©veloppement de ses pratiques Ă  l’intĂ©rieur et en dehors du champ carcĂ©ral. Elles agissent comme des entrepreneurs de morale » Becker, 1985 dans le champ des mĂ©diations animales en vĂ©hiculant des normes et une idĂ©ologie selon laquelle ĂȘtre respectueuxse des animaux signifie ĂȘtre bon. L’administration pĂ©nitentiaire française ne semble pas avoir occupĂ© de rĂŽle spĂ©cifique dans cette diffusion, toutefois, l’étude de l’émergence de ces dispositifs dans les prisons françaises va montrer la maniĂšre dont ils ont Ă©tĂ© rĂ©ceptionnĂ©s. La diffusion des dispositifs induit-elle alors une transformation ou une Ă©volution de leurs objectifs ? ExpĂ©rimentations locales de mĂ©diation animale en France de la vulnĂ©rabilitĂ© Ă  la responsabilisation des prisonnieres ? 26En 2008, la mĂ©diation animale acte sa naissance dans les prisons françaises Ă  travers deux expĂ©rimentations introduites parallĂšlement dans deux Ă©tablissements situĂ©s dans des Directions interrĂ©gionales des services pĂ©nitentiaires DISP distinctes la maison d’arrĂȘt de Valissan et le centre pĂ©nitentiaire pour femmes de Montignes. Que ce soit dans l’un ou l’autre Ă©tablissement, les directions donnent leur feu vert aux professionnelles de la mĂ©diation animale pour rĂ©pondre au problĂšme du risque suicidaire. L’institution carcĂ©rale connaĂźt en effet un taux record de suicides, sept fois plus Ă©levĂ©s qu’en population gĂ©nĂ©rale DuthĂ© et al., 2014. En rĂ©action Ă  cette statistique prĂ©occupante, la mĂ©diation animale fait partie des rĂ©ponses institutionnelles pour empĂȘcher la mort » Cliquennois, Chantraine, 2009. 27Bien que les profils se soient Ă©largis depuis, la mise en place de la mĂ©diation animale a d’abord Ă©tĂ© pensĂ©e pour des personnes dites vulnĂ©rables » prĂ©sentant un risque suicidaire important. RaphaĂ«lle, comme d’autres intervenantes en mĂ©diation animale IMA, a exercĂ© la mĂ©diation animale dans des Ă©tablissements de soin avant d’intervenir pour la premiĂšre fois en 2008 Ă  la maison d’arrĂȘt de Valissan. Dans notre entretien, elle raconte le contexte dans lequel elle a dĂ©butĂ© ses interventions C’était hyper explosif comme d’habitude, on retrouvait une surpopulation en prison [
]. Mais il y avait eu une vague de suicide dans la rĂ©gion, chez les mineurs. Donc doublement impactant pour eux. Et lui [le directeur adjoint] avait malheureusement dĂ©crochĂ© un des jeunes ici Ă  Valissan. Et c’était devenu une espĂšce de chantage au suicide. Le jeune qui n’avait pas ce qu’il voulait, menaçait de se suicider et le surveillant avait le choix, soit de cĂ©der et lĂ , c’était la porte ouverte Ă  tous les chantages, soit de ne pas cĂ©der avec le risque de le retrouver pendu le lendemain. [
] Il m’appelle en me disant Ă©coutez, on essaie. On n’a plus que cette solution ». On cherchait, il cherchait l’apaisement, c’était vraiment le maĂźtre mot l’apaisement. Et la prĂ©vention du suicide. Entretien avec RaphaĂ«lle, IMA, 11 avril 2020 28Cet appel Ă  l’aide insiste sur la situation urgente Ă  laquelle la mĂ©diation animale est supposĂ©e apporter des rĂ©ponses. Il est frĂ©quent que la mĂ©diation animale soit prĂ©sentĂ©e par ses promoteurtrices au sein de l’administration pĂ©nitentiaire comme l’ultime possibilitĂ© de prise en charge » lĂ  oĂč d’autres solutions Ă©chouent comme le classement au travail de la personne incarcĂ©rĂ©e c’est-Ă -dire l’affectation dude la prisonniere Ă  un poste de travail en prison, une prise en charge psychologique ou encore le maintien des liens familiaux. Si l’ouverture Ă  d’autres profils a rapidement Ă©tĂ© envisagĂ©e, les personnes dites vulnĂ©rables », avec des tendances suicidaires » restent privilĂ©giĂ©es, comme le raconte un surveillant — [Julie] Le profil qui serait le plus intĂ©ressant pour la mĂ©diation animale avec tout ce que vous en dites [il m’interrompt]. — [Guy] [Il baisse sa voix] Les profils vulnĂ©rables. Ceux qui sont vulnĂ©rables, ceux qui sont influençables, faibles psychologiquement. Excusez-moi du terme, mais ceux qui ont des tendances suicidaires [
] ça leur apporte beaucoup. Entretien avec Guy, surveillant brigadier, 22 mai 2019 29La seconde expĂ©rimentation fondatrice pour la mĂ©diation animale dans les prisons françaises est celle menĂ©e par BĂ©nĂ©dicte au centre pĂ©nitentiaire de Montignes. Alors psychologue dans l’établissement, aujourd’hui IMA, BĂ©nĂ©dicte pense la mĂ©diation animale Ă  partir d’un cas individuel, celui de Dorine, incarcĂ©rĂ©e pour une peine de 18 ans. Dans un texte sur la genĂšse du projet de mĂ©diation animale dans cet Ă©tablissement, le cas de Dorine est exposĂ© et fidĂšle aux vignettes cliniques, BĂ©nĂ©dicte la surnomme la femme qui ne voulait pas mettre le pied dehors » en rĂ©fĂ©rence au risque suicidaire Ă©levĂ© Ă  l’approche de sa sortie de prison. BĂ©nĂ©dicte explique alors comment Ă  partir de cette situation individuelle, elle a pensĂ© un projet intitulĂ© Autonomisation par le mĂ©dia du cheval » qui permettrait Ă  un plus grand nombre de femmes incarcĂ©rĂ©es d’entrer dans un processus d’autonomisation, de valorisation de soi et l’appropriation du parcours de vie en dĂ©tention ». 30Avec ces deux premiĂšres expĂ©rimentations françaises, l’on voit que ces dispositifs viennent Ă©largir l’éventail des interventions possibles auprĂšs des personnes incarcĂ©rĂ©es et proposer de nouvelles solutions Ă  des situations, Ă  premiĂšre vue, sans issue. Les deux cas prĂ©cĂ©demment exposĂ©s montrent que le premier objectif Ă©tait la prĂ©vention du suicide. En effet, il s’agit plutĂŽt de proposer ces programmes aux personnes les plus isolĂ©es en dĂ©tention et les moins investies dans leur parcours pĂ©nitentiaire. La mĂ©diation animale permettrait donc aux professionnelles de la prison surveillantes pĂ©nitentiaires, membres du SPIP de saisir un public situĂ© aux confins de la prison, peu autonome et qui Ă©chappe ordinairement Ă  la prise en charge institutionnelle. Souvent qualifiĂ©es de vulnĂ©rables », les personnes regroupĂ©es derriĂšre cette catĂ©gorisation sont loin d’ĂȘtre un groupe homogĂšne comme en tĂ©moigne cet extrait — [Julie] Qu’est-ce qu’il y a derriĂšre vulnĂ©rable ? Moi j’avais l’impression que c’étaient des personnes qui avaient des risques suicidaires ? — [MickaĂ«l] Aussi
 — [Julie] Donc c’est quoi ? — [MickaĂ«l] C’est des gens dĂ©pressifs, on va dire des gens qui sont plus surveillĂ©s. 13 Sont qualifiĂ©es ainsi les personnes qui sont incarcĂ©rĂ©es pour la premiĂšre fois en prison. — [Julie] Et des primaires13 ? — [MickaĂ«l] Oui. Des auteurs d’infractions Ă  caractĂšre sexuel AICS aussi. Entretien avec MickaĂ«l, surveillant gradĂ©, 11 octobre 2019 31Les personnes catĂ©gorisĂ©es AICS » par le personnel pĂ©nitentiaire ou de pointeurs » pour utiliser un terme vernaculaire sont en bas de la hiĂ©rarchie des personnes incarcĂ©rĂ©es. Depuis l’étude de Gresham Sykes 1958, les travaux centrĂ©s sur la prison comme sous-culture » ou culture » se sont multipliĂ©s et ont rĂ©vĂ©lĂ© une certaine hiĂ©rarchie de valeurs Caisne, 2004. Les personnes dĂ©finies AICS » se trouvent en bas de cette hiĂ©rarchie et se trouvent ĂȘtre particuliĂšrement isolĂ©es en dĂ©tention. Souvent recluses pour leur propre sĂ©curitĂ©, atteintes de troubles psychiques, elles sont le public cible pour la prĂ©vention du suicide et de facto, privilĂ©giĂ©es pour les dispositifs de mĂ©diation animale. 32Avec ces dispositifs, il y a l’espoir que les prisonnieres remettent un pied Ă  l’étrier » selon une expression souvent entendue sur le terrain et qu’ils et elles se responsabilisent en Ă©tant moins dĂ©pendantes de l’institution. LĂ©a, une CPIP, me fait le rĂ©cit de Tony, incarcĂ©rĂ© depuis 10 ans, catĂ©gorisĂ© AICS ». Pour Tony, la mĂ©diation animale est le seul lien qu’il ait en dĂ©tention et pour LĂ©a, elle reprĂ©sente l’unique moyen d’échanger afin de construire un projet de sortie et lui assurer sa rĂ©insertion socio-professionnelle. LĂ©a me dĂ©peint son portrait et l’impact qu’a eu la mĂ©diation animale sur lui Il ne sortait pas en promenade. [
] Il voulait ĂȘtre enfermĂ© dans sa cellule jusqu’à la fin de sa peine [
]. Aujourd’hui, il ne lui reste plus que la mĂ©diation animale. [
] C’est son seul contact affectif et non pas humain, mais d’ĂȘtre Ă  ĂȘtre vivant [
] Moi quand je le vois physiquement marcher dans la rue [le chemin qui va de bĂątiment en bĂątiment], il est droit et il marche quasiment au milieu. Avant, il Ă©tait Ă  un centimĂštre du mur, il baissait la tĂȘte, il Ă©tait voĂ»tĂ©. Physiquement, on voit vraiment une diffĂ©rence et ce que je vois c’est que le changement correspond avec la mĂ©diation animale. Entretien avec LĂ©a, CPIP, le 15 avril 2019 33L’histoire de Tony n’est pas une histoire isolĂ©e, au contraire, d’autres, semblables, sont racontĂ©es par de nombreuses intervenantes et servent Ă  promouvoir la mĂ©diation animale. Il est frĂ©quent de s’entendre conter ces belles histoires » Servais, 1999 par les professionnelles de la mĂ©diation et/ou de la prison qui insistent sur la transformation souvent radicale des personnes ayant participĂ© Ă  ces dispositifs. La mĂ©diation animale aiderait Ă  maintenir les rares liens qui restent aux personnes dites vulnĂ©rables ». Toutefois, elle ne doit pas simplement rompre l’isolement en dĂ©tention mais amener des changements de comportement chez la personne incarcĂ©rĂ©e. Ainsi, l’objectif en participant Ă  un tel dispositif, est de sortir du cercle infernal », sous-entendu dĂ©lictueux, criminel pour entrer dans un cercle vertueux » afin de prĂ©parer sa sortie On ne voulait pas que la mĂ©diation animale soit une action finie, c’est-Ă -dire je participe Ă  une randonnĂ©e Ă©questre. Une fois que les chevaux sont de nouveau aux box et que moi, je suis rentrĂ© en dĂ©tention, ça s’arrĂȘte et ce qui me reste c’est j’ai participĂ© Ă  une rando ». Non c’est plutĂŽt comment je vais rebondir sur cette randonnĂ©e pour pouvoir repartir sur un autre projet, m’inscrire cette fois-ci Ă  l’école, parce que j’ai envie d’en savoir un peu plus ou je me suis dĂ©couvert une passion pour les chiens et pour les chevaux et ça peut peut-ĂȘtre me donner des idĂ©es de formation ? » Entretien avec Arnaud, chef DPIPPR, le 8 octobre 2019 34Selon les IMA et plus gĂ©nĂ©ralement les personnes qui promeuvent les bienfaits de ces dispositifs, il est prĂ©sumĂ© que la participation Ă  un tel dispositif entraĂźnerait un ensemble de changements chez les prisonnieres et de multiples investissements Ă  l’égard de leur parcours pĂ©nitentiaire comme l’inscription Ă  une formation ou l’entrĂ©e dans un parcours de soins. Ces changements devraient mener sur le chemin de la dĂ©sistance » — terme employĂ© par certaines IMA — de sortie de la dĂ©linquance et/ou de la criminalitĂ© Mohammed, 2012 et les soutenir dans la construction d’un projet de sortie, remettant la notion de responsabilisation au centre. L’objectif est de rendre la personne actrice et responsable de son temps en dĂ©tention. Pour rĂ©pondre Ă  cette attente institutionnelle Ă  l’égard de la responsabilisation des personnes incarcĂ©rĂ©es, la mĂ©diation animale s’appuie sur le parcours d’exĂ©cution des peines PEP. 35ExpĂ©rimentĂ© localement Ă  la fin des annĂ©es 1990 puis gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  l’ensemble des Ă©tablissements, le PEP devient le moyen de structurer le parcours d’exĂ©cution de peine des personnes incarcĂ©rĂ©es par une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Cette dĂ©marche globale permet de responsabiliser la personne dĂ©tenue et de limiter les effets dĂ©socialisants de l’incarcĂ©ration en la rendant actrice du temps passĂ© en dĂ©tention en fonction des possibilitĂ©s qui lui sont offertes » comme le prĂ©voit la circulaire du 21 juillet 2000. Pour les programmes les plus structurĂ©s de mĂ©diation animale, le PEP sert de support, comme en atteste le cas de BĂ©nĂ©dicte qui promeut la mĂ©diation animale comme un moyen d’accompagner la peine », un outil d’insertion » et non thĂ©rapeutique. L’usage du vocabulaire spĂ©cifique Ă  la prison, la connaissance du milieu carcĂ©ral de la part des IMA indiquent une pĂ©nitentiarisation du discours des intervenantes extĂ©rieures. Il existe entre le PEP et la mĂ©diation animale une interdĂ©pendance la mĂ©diation reprĂ©sentant un moyen d’application du PEP. Cette interdĂ©pendance crĂ©e une absorption des logiques de responsabilisation et de rĂ©insertion par ces dispositifs et une assimilation des objectifs pĂ©nitentiaires par les professionnelles de la mĂ©diation. 36Comme aux États-Unis, les objectifs des mĂ©diations connaissent des Ă©volutions. D’abord thĂ©rapeutiques, ils s’insĂšrent de plus en plus dans une logique de rĂ©insertion intrinsĂšquement liĂ©e Ă  la responsabilisation. En revanche, la logique de rĂ©paration, caractĂ©ristique des dispositifs Ă©tasuniens, n’apparaĂźt en France que plus rĂ©cemment et dĂ©pouillĂ©e du registre religieux. Au centre pĂ©nitentiaire de Montignes, un programme d’éducation canine est en cours de crĂ©ation avec l’association Handi’Chiens dans lequel deux femmes incarcĂ©rĂ©es seraient choisies pour ĂȘtre famille d’accueil d’un futur chien d’assistance et assurer son Ă©ducation la premiĂšre annĂ©e. Comme le souligne, Nathalie Richard, responsable nationale du partenariat associatif en charge de la mĂ©diation animale On n’a pas du tout de programme comme il existe aux États-Unis avec des Ă©levages de chevaux
 [
] Nous n’avons pas les architectures pĂ©nitentiaires et l’espace pour le faire, donc on n’en est pas encore lĂ . Il y a des choses qui se mettent en place des chenils, des projets d’éducation de chiens avec Handi’Chiens comme on fait Ă  l’extĂ©rieur. Entretien avec Nathalie Richard, responsable du partenariat associatif, le 5 octobre 2021 37L’expression on n’en est pas encore lĂ  » et des Ă©changes informels sur des dispositifs en cours de crĂ©ation laisse entrevoir une possible convergence Hassenteufel, Maillard, 2013 entre les dispositifs amĂ©ricains et français. Revenir sur les premiers pas de la mĂ©diation animale aux États-Unis et en France a permis d’identifier un schĂ©ma similaire. Les dispositifs de mĂ©diation animale prennent d’abord racine dans les Ă©tablissements de soin avant d’émerger en prison. Cette origine du soin se retrouve alors dans les premiers dispositifs, dans les prisons françaises, qui ont alors des objectifs thĂ©rapeutiques clairement identifiĂ©s tels que la prĂ©vention du suicide. Peu Ă  peu, la dimension thĂ©rapeutique qui servait, dans un premier temps, Ă  lĂ©gitimer l’existence de ces dispositifs est remplacĂ©e par un nouvel argument propre Ă  l’institution carcĂ©rale celui de la rĂ©insertion. Alors que la logique de rĂ©paration n’était pas centrale, il semblerait que les dispositifs français l’intĂšgrent petit Ă  petit, sans pour autant relayer le discours religieux prĂ©sent aux États-Unis. J’analyserai ci-dessous la maniĂšre dont ces dispositifs ont Ă©tĂ© reçus dans les prisons françaises. Quelles ont Ă©tĂ© les stratĂ©gies mises en place pour les lĂ©gitimer voire conduire certains dispositifs Ă  s’institutionnaliser ? 3. RĂ©ception de la mĂ©diation animale en France entre stratĂ©gies de lĂ©gitimation et institutionnalisation 38À partir d’entretiens rĂ©alisĂ©s avec des personnes pionniĂšres dans le champ de la mĂ©diation animale en prison, j’ai pu reconstruire une histoire empirique de ces dispositifs. Si sa reconstruction peut paraĂźtre linĂ©aire, elle ne l’est qu’a posteriori car l’instauration de la mĂ©diation animale a connu des rĂ©sistances. Mais des stratĂ©gies ont Ă©tĂ© mises en place pour lĂ©gitimer ces nouvelles pratiques dans les Ă©tablissements pĂ©nitentiaires et permettre leur institutionnalisation dans un certain nombre de prisons françaises. L’une d’entre elles est d’inclure le personnel pĂ©nitentiaire dans les dispositifs de mĂ©diation animale et l’autre est d’évaluer les effets de la mĂ©diation animale, recenser les initiatives existantes et formaliser ces dispositifs pour les dĂ©velopper. Quand la mĂ©diation animale participe Ă  la gestion de la dĂ©tention 39DĂšs ses dĂ©buts, la mĂ©diation animale en prison a rencontrĂ© des difficultĂ©s similaires Ă  celles survenues dans les Ă©tablissements de soin, notamment des inquiĂ©tudes sur l’hygiĂšne, la sĂ©curitĂ© et l’accessibilitĂ© des locaux. Au-delĂ  de ces craintes habituelles, la mĂ©diation animale a suscitĂ© une levĂ©e de boucliers de la part des syndicats de surveillantes pĂ©nitentiaires, comme ce fut le cas pour d’autres innovations telles que les sports de combat en dĂ©tention ou encore le droit de former des comitĂ©s de dĂ©tenus Charbit, 2018. La mĂ©diation animale — et particuliĂšrement la mĂ©diation Ă©quine trop vite associĂ©e Ă  l’équitation — a Ă©tĂ© perçue comme un cadeau » de la part de l’administration pĂ©nitentiaire pour les prisonnieres alors que les surveillantes pĂ©nitentiaires eux-mĂȘmes ne se sentent pas valorisĂ©es dans leur travail et n’ont pas les moyens financiers de faire du cheval ». 40Au moment de la mise en place de la mĂ©diation animale, Arnaud, chef DPIPPR, reçoit un tract par mail de la part des syndicats qui s’y opposent, il raconte — [Arnaud] Aujourd’hui, on est entre deux forces syndicales qui sont dans une espĂšce de surenchĂšre sĂ©curitaire. C’est Ă  celui qui sera le plus mĂ©chant, donc là
 — [Julie] Mais qu’est-ce-que vient faire la mĂ©diation animale lĂ -dedans ? — [Arnaud] Parce que la mĂ©diation animale, c’est lutter aussi. C’est travailler sur un certain nombre d’idĂ©es reçues, de prĂ©jugĂ©s. On a affaire, si tu les Ă©coutes, Ă  des fĂ©roces criminels et au lieu de rĂ©pondre Ă  ces fĂ©roces criminels par un acte sĂ©curitaire, on va leur rĂ©pondre en leur permettant de faire des cĂąlins Ă  un toutou, alors que ce n’est pas ça. Entretien avec Arnaud, chef DPIPPR, le 8 octobre 2019 41LĂ©gitimer les dispositifs de mĂ©diation animale passe d’abord par un travail autour des reprĂ©sentations. Le manque de connaissances », les prĂ©jugĂ©s » des personnels pĂ©nitentiaires Ă  l’égard de la mĂ©diation animale apparaissent comme des freins Ă  son instauration comme le souligne aussi la responsable nationale du partenariat associatif. Pour y remĂ©dier, une des stratĂ©gies de lĂ©gitimation semble ĂȘtre d’inclure le personnel de surveillance dans ces dispositifs de mĂ©diation animale. 42La mission de rĂ©insertion qui leur est confiĂ©e depuis la loi du 22 juin 1987, argumente en faveur de la participation du personnel de surveillance Ă  ces dispositifs. Depuis les annĂ©es 1980, le mĂ©tier de surveillante pĂ©nitentiaire se transforme Chauvenet et al., 1994. Dans un contexte de normalisation du milieu carcĂ©ral, d’ouverture relative, ce que Gilles Chantraine nomme le post-disciplinaire » Chantraine, 2006, les surveillantes pĂ©nitentiaires profitent de cette reconfiguration carcĂ©rale pour redorer le blason de leur profession et contrer le stigmate du porte-clefs » que leur apposent souvent les prisonnieres et les milieux anti-carcĂ©raux. Selon une recommandation du ComitĂ© des ministres du Conseil de l’Europe datant de 2003, le maintien du contrĂŽle en prison doit recourir Ă  la sĂ©curitĂ© dynamique celle-ci peut se dĂ©finir comme une approche prĂ©ventive du maintien de la sĂ©curitĂ©Ì interne en dĂ©tention, qui repose sur le dĂ©veloppement de relations positives » entre le personnel pĂ©nitentiaire et les personnes dĂ©tenues » Icard, 2016, 434. 43À la maniĂšre des modules de respect Ă©tudiĂ©s par ValĂ©rie Icard qui viennent transformer le travail quotidien des surveillantes de prison, les remettre dans le circuit » 2016, les dispositifs de mĂ©diation animale partagent ce souhait les surveillantes ainsi que d’autres membres du personnel pĂ©nitentiaire sont mises dans la boucle » selon une expression maintes fois entendue sur le terrain. Cela signifie qu’ils et elles sont informĂ©es de l’existence de ces actions et que leur participation aux sĂ©ances est mĂȘme attendue. Toutefois, leur participation est variable selon le format des dispositifs. Pour les groupes de parole, le personnel ne gĂšre que les mouvements arrivĂ©e et dĂ©part de l’activitĂ© et il n’est donc prĂ©sent qu’au dĂ©but et Ă  la fin de la sĂ©ance. Quant aux mĂ©diations Ă©quines, la prĂ©sence de surveillantes est exigĂ©e pour veiller Ă  la sĂ©curitĂ© des intervenantes et des chevaux » comme le rappelle un surveillant. Enfin, les surveillantes ont un rĂŽle central dans les permissions de sortir ils et elles sont des participantes Ă  part entiĂšre de l’activitĂ© et en charge de son bon dĂ©roulement. 44Afin de dĂ©velopper des relations positives » entre le personnel pĂ©nitentiaire et les personnes incarcĂ©rĂ©es en vue d’une amĂ©lioration des conditions de dĂ©tention et ainsi participer au maintien de l’ordre, un travail autour des reprĂ©sentations est rĂ©alisĂ© grĂące Ă  la prĂ©sence de tiers, les mĂ©diatrices. En effet, il s’agit de travailler autour de la figure stĂ©rĂ©otypĂ©e de la personne surveillĂ©e d’un cĂŽtĂ© et de la personne surveillante de l’autre la personne incarcĂ©rĂ©e se rĂ©duisant aux actes pour laquelle elle est incarcĂ©rĂ©e, associĂ©e Ă  la violence et Ă  l’incivilitĂ© et la personne qui surveille, comme quelqu’un qui abuse de son pouvoir et un simple porte-clĂ©s. En effet, une des ambitions de la mĂ©diation animale en intĂ©grant les surveillantes est de dĂ©construire les reprĂ©sentations nĂ©gatives de la part des deux parties comme l’explique RaphaĂ«lle Il y avait un changement au niveau relationnel, mĂȘme dans la discussion c’est-Ă -dire qu’aux yeux du jeune, le surveillant reprenait un visage humain en lui disant moi aussi j’ai un chien, de cette race-lĂ  etc. » et inversement, le jeune avait une facette qui Ă©tait pas dĂ©voilĂ©e jusque-lĂ  et ça permettait justement ce changement de regard, ce qui Ă©tait vraiment intĂ©ressant et assez impactant lĂ  tout de suite [
] Et donc l’impact au niveau de la dĂ©tention s’est fait sentir trĂšs rapidement au niveau des surveillants [
] il y avait une espĂšce de temporisation de la dĂ©tention. Entretien avec RaphaĂ«lle, IMA, 11 avril 2020 45Ce changement de regard favorise l’instauration de relations moins antagonistes avec le personnel de surveillance » comme le souligne l’étude du dispositif Des Camargues et des Hommes » Ansorge Jeunier, Villers, 2014, 87. Une forme plus prononcĂ©e de ce changement relationnel est perceptible lors des permissions de sortir oĂč les surveillantes se retrouvent sans uniforme, Ă  prendre part aux activitĂ©s aux cĂŽtĂ©s des prisonnieres, les tutoyer, les appeler par leur prĂ©nom Ă  l’inverse des rĂšgles de dĂ©tention. Dans l’extrait de terrain qui suit, j’assiste Ă  un relĂąchement des rĂšgles entre prisonnieres et surveillantes et des relations personnalisĂ©es » Rostaing, 1997 entre membres du personnel pĂ©nitentiaire et personnes incarcĂ©rĂ©es, en action C’est la fin du premier jour au centre Ă©questre. Charles [surveillant] arrive avec le vĂ©hicule de l’administration pĂ©nitentiaire pour rĂ©cupĂ©rer tout le monde et repartir en prison. Brigitte, une professionnelle, fait une bise aux prisonniĂšres et lance ainsi le mouvement. Toutes les personnes qui ont participĂ© Ă  la journĂ©e s’embrassent. Je sens que c’est dĂ©licat pour BĂ©nĂ©dicte mais qu’à cela ne tienne, elle leur fait une bise aussi. Une surveillante insiste quand on retourne en prison, on reprend les bonnes habitudes, pas de bise ni de tutoiement ». Les prisonniĂšres acquiescent Ă  l’unisson. Extrait de mon carnet de terrain, le 8 octobre 2019 46Cette salutation familiĂšre qui dĂ©passe voire enfreint les rĂšgles de la prison, arrive en fin de journĂ©e oĂč les rĂŽles habituellement attribuĂ©s aux unes et aux autres par l’institution ont Ă©tĂ© bouleversĂ©s. En effet, ces relations personnalisĂ©es prĂ©supposent un dĂ©passement des rĂŽles et des statuts attribuĂ©s par l’institution et conduisent Ă  une certaine sympathie, un sentiment de confiance partagĂ© entre des individus singuliers. Ici, ce type de relations est renforcĂ© car ce ne sont ni des prisonniĂšres ni des surveillantes mais des participantes qui ont rĂ©alisĂ© ensemble des exercices avec les chevaux et dĂ©briefĂ© Ă  l’occasion de moments conviviaux comme les repas. Toutefois, ces relations sont extrĂȘmement fragiles car la dimension institutionnelle peut reprendre le dessus — ce que l’on voit avec le rappel Ă  la rĂšgle. 47Lorsque j’interrogeais de maniĂšre informelle prisonnieres et surveillantes sur cette proximitĂ© nouvelle rendue possible par la mĂ©diation animale, ils et elles m’expliquaient qu’une fois revenues en dĂ©tention, mĂȘme si chacune reprend son rĂŽle, ce n’est plus exactement comme avant ». De cette expĂ©rience de mĂ©diation animale en dehors de la prison dans le cadre des permissions de sortir, il reste des souvenirs heureux ou moins heureux mais trĂšs forts, partagĂ©s ensemble. Le fait de s’ĂȘtre dĂ©couvert les unes les autres dans un autre cadre que celui contraint de la prison, a un impact sur la gestion de la dĂ©tention. Les maniĂšres de s’adresser Ă  l’autre sont plus cordiales, ils et elles s’autorisent mĂȘme parfois quelques impairs en s’appelant par leurs prĂ©noms respectifs. L’impact sur le maintien de l’ordre est subtil nĂ©anmoins prĂ©sent et participe Ă  cette volontĂ© d’instaurer la sĂ©curitĂ© dynamique. 48Ce travail autour des reprĂ©sentations est omniprĂ©sent dans les dispositifs de mĂ©diation animale. MickaĂ«l, premier surveillant Ă  la maison d’arrĂȘt de Guineau, me confie qu’il choisit les surveillantes les plus rĂ©fractaires Ă  l’activitĂ© pour l’encadrer On a eu le cas d’un surveillant qui Ă©tait assez psychorigide [
] Je les force pas. Mais je m’arrange pour qu’ils essaient tous d’y aller une fois ou deux quand mĂȘme. Et lui, je lui dis Ă©coute, tu vas y aller, j’ai besoin de toi pour surveiller l’activitĂ© », ok, mais moi je fais rien », je lui dis tu fais rien, mais tu surveilles quand mĂȘme. Y’a des intervenantes, y’a des chevaux, tu surveilles quand mĂȘme l’activitĂ© ». En fait, sa volontĂ© n’a pas durĂ© trĂšs longtemps parce qu’au bout d’une heure, il s’est mĂȘlĂ© aux autres et il s’est ouvert, il a discutĂ© avec des dĂ©tenus. Alors que les dĂ©tenus le prenaient pour un chef psychorigide donc les dĂ©tenus l’ont aussi dĂ©couvert. Lui, il a dĂ©couvert des dĂ©tenus aprĂšs on n’est pas lĂ  pour ĂȘtre amis non plus. Mais ça permet de travailler dans des conditions un peu plus sereines. Entretien avec MickaĂ«l, premier surveillant, 11 octobre 2019 49Le choix d’un membre du personnel de surveillance plutĂŽt rĂ©fractaire Ă  l’activitĂ© contribue Ă  la lĂ©gitimer. En participant plus ou moins activement Ă  la mĂ©diation animale, les membres du personnel pĂ©nitentiaire sont plus aptes Ă  comprendre les objectifs de rĂ©insertion et se montrent plus rĂ©ceptifs. Le fait de mettre dans la boucle » les surveillantes sert non seulement Ă  maintenir l’ordre, Ă  apaiser les relations souvent tendues avec les prisonnieres mais aussi Ă  construire des liens interpersonnels et avoir des souvenirs communs. Faire accepter la mĂ©diation animale par le personnel pĂ©nitentiaire est une premiĂšre Ă©tape nĂ©cessaire Ă  son institutionnalisation souhaitĂ©e Ă  plusieurs Ă©chelles de la part des IMA voulant voir leur travail se pĂ©renniser et du cĂŽtĂ© de l’administration dĂ©sirant une vĂ©ritable politique » en termes de mĂ©diation animale. Il convient dĂ©sormais d’étudier les enjeux actuels qui traversent ces dispositifs. Évaluer pour pĂ©renniser les dispositifs les enjeux actuels de la mĂ©diation animale 50À mesure que les dispositifs se multiplient, l’administration pĂ©nitentiaire questionne les effets de la mĂ©diation animale. Comment justifier sa prĂ©sence dans les Ă©tablissements et, surtout, lui allouer des budgets ? Doit-elle ĂȘtre harmonisĂ©e et comment la rendre pĂ©renne en prison ? Se recentrer sur les deux DISP A et B pour les distinguer dans lesquelles la mĂ©diation animale s’est implantĂ©e au dĂ©part et est aujourd’hui bien installĂ©e, permet de comprendre les enjeux qui la traversent. Pour pĂ©renniser la mĂ©diation animale en prison, l’administration pĂ©nitentiaire doit s’en saisir » et en faire un dossier » pour reprendre un vocabulaire administratif. En effet, si la Fondation Sommer engage presque systĂ©matiquement les dĂ©penses de dĂ©marrage » de tels dispositifs, l’administration pĂ©nitentiaire doit ensuite prendre le relais. MalgrĂ© le dĂ©veloppement de ces dispositifs, ceux-ci connaissent une situation prĂ©caire car leur existence dĂ©pend de la direction d’établissement qui valide ou non leur prĂ©sence, comme l’explique RaphaĂ«lle Aujourd’hui un chef d’établissement peut encore dĂ©cider du jour au lendemain de mettre tout le monde dehors. On est encore tributaires de ça. On travaille vraiment sur ça avec la directrice. Pour elle, ça a vraiment du sens de pĂ©renniser cette action une bonne fois pour toutes. [
] Il faut que cela soit le projet d’un Ă©tablissement. Et qu’aujourd’hui, on a assez de recul pour dire que ça a des impacts importants, qu’on fait partie de l’équipe. Entretien avec RaphaĂ«lle, IMA, 11 avril 2020 51Ce constat de prĂ©caritĂ© de la mĂ©diation animale liĂ© Ă  la rotation du personnel de direction des Ă©tablissements, est partagĂ© par BĂ©nĂ©dicte qui explique que la mĂ©diation animale est possible avec certaines cultures d’établissements, moins centrĂ©es sur des logiques sĂ©curitaires. Pour ĂȘtre poursuivie, la mĂ©diation animale doit ĂȘtre dĂ©fendue et soutenue financiĂšrement par l’établissement. Toutefois, pour justifier ses dĂ©penses, l’administration pĂ©nitentiaire a besoin d’évaluations et surtout de rĂ©sultats qui vont participer Ă  lĂ©gitimer ces dispositifs. 52À l’initiative de la DISP A, un comitĂ© de pilotage se constitue en 2018. TrĂšs pĂ©nitentiaire, trĂšs ministĂšre de la Justice » comme le dĂ©crit le chef du dĂ©partement des politiques d’insertion et de probation, son but est de faire un Ă©tat des lieux des actions prĂ©sentes dans la rĂ©gion et d’identifier les Ă©ventuels freins Ă  leur mise en place. Ce premier comitĂ© de pilotage suscite l’intĂ©rĂȘt de plusieurs acteurtrices prĂȘtes Ă  s’ emparer » de la mĂ©diation animale et donne lieu Ă  une seconde rĂ©union, ouverte cette fois-ci aux partenaires. L’objectif de ce deuxiĂšme comitĂ© de pilotage est d’harmoniser les actions, comme le souligne Arnaud Il fallait faire en sorte qu’il y ait une vraie politique interrĂ©gionale en matiĂšre de mĂ©diation animale. Qu’on harmonise l’action. Alors quand je dis l’action, c’est au sens large, parce qu’il n’a jamais Ă©tĂ© question pour nous d’ĂȘtre dans la standardisation [
] On a toujours Ă©tĂ© vigilants Ă  laisser les structures Ă©laborer leurs projets en lien avec un partenaire qu’ils choisissaient et de voir quel type de mĂ©diation animale ils souhaitaient mettre en place. Mais au moins harmoniser savoir quel type de partenaires on avait Ă  tel ou tel endroit. Et on les a notamment harmonisĂ©s en fixant des objectifs interrĂ©gionaux, c’est-Ă -dire que nous on validait l’action dĂšs lors qu’elle visait au moins les objectifs que le comitĂ© de pilotage s’était fixĂ©s Ă  savoir travailler sur les violences en dĂ©tention, travailler les habiletĂ©s sociales et puis le troisiĂšme que j’oublie tout le temps [il regarde une feuille posĂ©e devant lui]
 Favoriser le changement. Entretien avec Arnaud, chef DPIPPR, le 8 octobre 2019 53AprĂšs cet Ă©tat des lieux, l’objectif fixĂ© par la DISP A est d’avoir une vĂ©ritable politique interrĂ©gionale en matiĂšre de mĂ©diation animale. Il s’agit dĂ©sormais d’harmoniser les pratiques et les objectifs. À la suite de ce comitĂ© de pilotage, plusieurs documents sont créés pour dĂ©finir ce que sont ces dispositifs de mĂ©diation animale en prison et cadrer les objectifs comme cette fiche intitulĂ©e MĂ©diation animale – protocole, orientation, Ă©valuation » l’indique. Face Ă  cette formalisation, certaines professionnelles se retrouvent dĂ©semparĂ©es comme Diane, une CPIP, qui m’explique que ce qu’ ils [Ă  la DISP] font c’est trĂšs descendant comme fonctionnement, c’est pas trĂšs conforme Ă  la rĂ©alitĂ© » lorsqu’elle Ă©voque les difficultĂ©s Ă  remplir de tels documents. 54Un an aprĂšs le premier comitĂ© de pilotage, la DISP A, disposĂ©e Ă  instaurer une vĂ©ritable politique interrĂ©gionale en matiĂšre de mĂ©diation animale, commande une Ă©tude auprĂšs d’étudiantes d’un Institut rĂ©gional d’administration IRA. L’enquĂȘte menĂ©e porte sur l’impact de la mĂ©diation animale sur le dĂ©sengagement de la violence et le dĂ©veloppement de l’interprofessionnalitĂ©. À la suite de cette Ă©tude, une dizaine de propositions est formulĂ©e pour amĂ©liorer les effets de la mĂ©diation animale et particuliĂšrement les modalitĂ©s de l’organisation et du pilotage de ces dispositifs. 55Dans une mĂȘme logique d’évaluation, une autre initiative se dĂ©veloppe au sein de la DISP B la crĂ©ation d’un rĂ©fĂ©rentiel mĂ©tier pour les IMA. DerriĂšre la prolifĂ©ration de ces dispositifs, se cachent des craintes relatives au contenu de ces mĂ©diations animales et Ă  la qualitĂ© des intervenantes. Le rĂ©fĂ©rentiel mĂ©tier viendrait remĂ©dier Ă  ces inquiĂ©tudes par un meilleur cadrage de cette profession Ă©mergeante. Il est dĂ©fini comme Ă©tant un 14 Extrait du livre blanc, 2021, MĂ©diation animale en prison. Un rĂ©fĂ©rentiel pour un nouveau mĂ©tier, p ... Socle commun mais ouvert qui, une fois homologuĂ©, ouvrira la voie Ă  une certification et Ă  la crĂ©ation d’une offre de formation spĂ©cifique au mĂ©tier [
] Ce cadre permettra Ă  la fois un meilleur repĂ©rage des professionnels qualifiĂ©s, une sĂ©curisation de l’administration pĂ©nitentiaire dans ses choix d’intervenants, ainsi qu’une reconnaissance de la qualification pour ceux qui exercent ce mĂ©tier et une stimulation pour ceux qui, Ă  l’avenir dĂ©cideront de s’orienter vers 56Dans ce livre blanc, les rĂŽles et les fonctions de l’intervenante en mĂ©diation animale en prison IMAP sont clairement identifiĂ©s, il s’agit pour elles et eux de dĂ©clencher la relation humain/animal, d’accompagner sur le plan psycho-social, de faire le relais avec les Ă©tablissements, de garantir les besoins fondamentaux de l’animal et enfin, d’ĂȘtre actifve dans la communautĂ© de professionnelles. 57En m’intĂ©ressant aux Ă©valuations Ă©mises par des organes internes comme celle mise en place par le comitĂ© de pilotage ou externes comme l’étude menĂ©e par l’IRA, j’ai montrĂ© que la mĂ©diation animale n’est plus au stade de l’expĂ©rimentation et qu’une politique plus globale est visĂ©e. Le cadrage de la professionnalisation des IMAP par la crĂ©ation d’un rĂ©fĂ©rentiel mĂ©tier contribue Ă  mieux dĂ©finir ces dispositifs et leurs objectifs en vue de l’homogĂ©nĂ©isation souhaitĂ©e. Pour Nathalie, responsable du partenariat associatif, cela constitue un triptyque. Ce triptyque repose sur trois questions qu’est-ce-que la mĂ©diation animale ? Comment est-elle mise en place ? Qu’est-ce-qu’une IMAP ? Tout est arrivĂ© presque en mĂȘme temps ces cinq derniĂšres annĂ©es et quelque part, ça fait un triptyque pour la pĂ©nitentiaire sur la mĂ©diation animale. En gros, ça constitue comme une boĂźte Ă  outils pour nos diffĂ©rents services dĂ©concentrĂ©s sur ce qu’ils peuvent mettre en place. À un moment donnĂ©, ça va devenir un automatisme. Dans quinze ans, la mĂ©diation animale, ce sera complĂštement inclus dans nos activitĂ©s. Il n’y aura aucun souci lĂ -dessus, on ne se posera plus de questions. Entretien avec Nathalie, responsable nationale du partenariat associatif, le 5 octobre 2021 58Si l’institutionnalisation est en cours, la mĂ©diation animale est appelĂ©e Ă  prospĂ©rer et Nathalie est optimiste quant Ă  l’avenir. Les effets des mĂ©diations animales ne semblent plus Ă  prouver, les acteurtrices paraissent convaincues. Les rĂ©sultats de l’évaluation de ces dispositifs ont particuliĂšrement insistĂ© sur le caractĂšre interprofessionnel de la mĂ©diation animale, le dĂ©sengagement de la violence de la part des participantes et ont permis Ă  mieux saisir les contours de la profession d’IMA. Ces Ă©valuations ont surtout lĂ©gitimĂ© l’existence de la mĂ©diation animale auprĂšs de l’administration pĂ©nitentiaire dont les dirigeantes cherchent dĂ©sormais Ă  normaliser ces dispositifs en faire un automatisme », une activitĂ© comme les autres. 4. Conclusion 59Dans cet article, j’ai montrĂ© que les dispositifs de mĂ©diation animale ont connu une double circulation interinstitutionnelle — de l’hĂŽpital vers la prison — et transnationale — de l’AmĂ©rique du Nord vers la France. Le caractĂšre hybride de ces dispositifs a Ă©tĂ© soulignĂ© par l’étude des objectifs et de leur mutation dans l’espace et dans le temps. Retracer l’histoire de la mĂ©diation animale a permis d’analyser la rencontre entre plusieurs logiques qui traversent le milieu carcĂ©ral de soin, de rĂ©insertion et de responsabilisation. Celles-ci ne s’opposent pas, au contraire, elles s’additionnent, se juxtaposent et donnent lieu Ă  des pratiques hybrides comme les mĂ©diations animales. Analyser ces logiques nous renseigne sur les formes de justice promues et sur les modĂšles sur lesquels ces derniĂšres reposent, qu’il s’agisse du modĂšle technico-mĂ©dical de guĂ©rison et de normalisation » Foucault, 1975 ; Seyler, 1980 ou de celui de responsabilisation et de resocialisation de la personne incarcĂ©rĂ©e. De la traversĂ©e de l’Atlantique, on retient le travail de promotion et la place centrale des associations, proches des milieux universitaires, dont les membres agissent comme de vĂ©ritables entrepreneurs de morale ». 60Étudier cĂŽte Ă  cĂŽte les dispositifs amĂ©ricains et français au moment de leur expĂ©rimentation dans les Ă©tablissements pĂ©nitentiaires laisse entrevoir un schĂ©ma commun. D’abord, ils viennent rĂ©pondre Ă  une situation d’urgence et Ă  des problĂšmes d’ordre sanitaire avant de devenir des programmes visant la rĂ©insertion des personnes incarcĂ©rĂ©es. La notion de responsabilisation, importante aux États-Unis, gagne rĂ©cemment du terrain en France et mĂ©riterait que l’on s’y attarde davantage. 61À observer la rĂ©ception de ces dispositifs en France, on voit que la mĂ©diation animale a dĂ©passĂ© le stade de l’expĂ©rimentation. Son enracinement dans certaines DISP et la professionnalisation vers laquelle tendent les IMAP sont les signes d’une institutionnalisation en cours. Observer son parcours et les stratĂ©gies de lĂ©gitimation qui ont menĂ© la mĂ©diation animale Ă  s’institutionnaliser aura permis de porter un regard sur les recompositions du gouvernement de la prison. PortĂ©e par des acteurtrices qui maĂźtrisent les rĂšgles carcĂ©rales, la mĂ©diation animale vient poursuivre certains objectifs des rĂ©formes pĂ©nitentiaires — comme ceux relatifs Ă  l’individualisation de la peine. DĂšs lors, les dispositifs de mĂ©diation animale, loin d’ĂȘtre antithĂ©tiques du contexte carcĂ©ral, viennent lui offrir des outils pour poursuivre cette obsession rĂ©formatrice » ArtiĂšres, Lascoumes, 2004. 62Si l’on ne prĂ©sente plus les effets de mĂ©diation animale sur le plan thĂ©rapeutique car ils ont Ă©tĂ© maintes fois Ă©clairĂ©s Ă  travers la littĂ©rature, l’ensemble des acteurtrices prĂ©sentĂ©es ici tentent de l’ériger comme un vĂ©ritable outil d’intervention sociale en prison venant Ă©largir la palette dĂ©jĂ  disponible. Penser les animaux comme des partenaires de cette intervention voire des acteurs de la rĂ©insertion permet de penser les limites de l’intervention humaine sur autrui et les apports d’une intervention autre qu’humaine. En luttant contre les mĂ©faits de l’incarcĂ©ration, les animaux des mĂ©diations sont supposĂ©s Ɠuvrer pour des relations plus apaisĂ©es en dĂ©tention et crĂ©er des liens, gĂ©nĂ©ralement si appauvris par l’incarcĂ©ration. Ben je ouder of jonger dan 18? Wij begrijpen dat het belangrijk is dat minderjarigen op een veilige manier gebruik maken van het internet. We beschouwen het ook als onze verantwoordelijkheid om de website kindvriendelijk te maken en inhoud te tonen die bij jouw leeftijdsgroep past. Als je aangeeft dat je nog geen 18 jaar of ouder bent, zal je daarom automatisch geen advertenties te zien krijgen die bedoeld zijn voor een oudere doelgroep. Jonger dan 1818 jaar of ouder Des jeux dont on fait tout un foinQuand vous Ă©tiez petit, vous avez toujours voulu un cheval, mais on vous disait que c’était trop cher et une trop grande responsabilitĂ© ? Vous savez quoi ? Les jeux de chevaux virtuels sont gratuits, aussi bien en argent qu’en responsabilitĂ©. Jouez aussi longtemps que vous le souhaitez et puis arrĂȘtez. Votre cheval virtuel attendra vote retour dans une superbe forme virtuelle. Commençons par le plus important. Pour les enfants d’aujourd’hui ou pour ceux qui ont grandi dans les annĂ©es 80 ou 80, nous avons des jeux Mon petit poney aussi beaux que les ailes des pĂ©gases. Ensuite, dĂ©couvrez un large Ă©ventail de jeux d’équitation, avec des jeux d’habillage comme Licorne de la forĂȘt lĂ©gendaire, des jeux de soin comme Soins du poney et des mĂ©langes surprenants, comme le jeu de science-fiction Relooking des poneys de l’espace. Les amateurs de concours hippiques et de dressage ont aussi leurs jeux ! Essayez Jumporama, orientĂ© concours, ou Ă©merveillez-vous devant les graphismes ultra-rĂ©alistes de Horse Jumping. Nous avons de trĂšs nombreux jeux de cheval pour les filles, qui mettent en scĂšne des filles, mais nos jeux ne sont pas destinĂ©s aux filles uniquement ! Tous les jeux de chevaux que nous avons dĂ©crits offrent aussi des heures de divertissement aux garçons, aux ados et aux adultes de tous Ăąges. Mais nous avons aussi des jeux plus traditionnels pour les garçons, comme le jeu de course hippique Distance Horse Racing. Sinon, essayez le jeu de basket HORSE ! Un jeu plus original qui plaira aux joueurs plus ĂągĂ©s est le jeu d’action dans lequel il faut manger des gĂąteaux, Pony Candyland Run. Pour les jeunes enfants, nous avons La folle aventure logique. Montez Ă  cheval et partez pour l’aventure en ligne de votre vie.